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Des conjoints violents écartés de chez eux et logés à l'hôtel à Toulouse témoignent

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Occitanie, France Bleu

Une douzaine d'hommes violents ont été évincés de leur domicile et sont hébergés à l'hôtel à Toulouse grâce à une plateforme créée pendant le confinement lié au Covid-19. Ils témoignent.

Une intervenante socio-judiciaire à l'association ARSEAA, ici à Toulouse
Une intervenante socio-judiciaire à l'association ARSEAA, ici à Toulouse © Radio France - Alexandre Berthaud

Ils sont accusés d'avoir agressé leur compagne, et pour éviter qu'ils ne recommencent et qu'ils ne retournent chez eux, ils sont logés à l'hôtel grâce à une plateforme nationale créée en urgence pendant le confinement lié au Covid-19. Deux hommes violents ont accepté de témoigner au micro de France Bleu Occitanie. 

"J'étais perdu, je n'avais nulle part où aller"

En tout ils sont une douzaine en région toulousaine, et près de 100 en France à être ou avoir été hébergés via cette plateforme qui est gérée au niveau national par le groupe SOS et qui est financée par le secrétariat d'Etat à l'égalité femmes-hommes. A Toulouse, ces mis en cause sont suivis par l'ARSEAA, l'Association Régionale pour la Sauvegarde de l'Enfant, de l'Adolescent et de l'Adulte, qui s'occupe du contrôle judiciaire, une mesure alternative à la détention provisoire ou au bracelet électronique.

Pour Amadou comme pour Sylvain, tous les deux la trentaine et concernés par la mesure, le studio à l'intérieur d'une résidence dans lequel ils ont été logés était tout simplement une alternative à la rue. "Je n'ai pas de famille ici, je viens d'arriver à Toulouse donc pas d'ami pour me loger", décrit Sylvain, "j'étais perdu". Amadou n'ose pas forcément demander à sa famille, "il y a le regard des gens, je repense à ce que j'ai fait tous les jours". Ainsi, non seulement ils n'ont pas à se soucier de leur logement et peuvent réfléchir à leurs actes, mais ils sont également joignables, à proximité des lieux qu'ils ont obligation de fréquenter durant le contrôle judiciaire (associations de suivi comme l'ARSEAA, assistants sociaux, groupes de prise de parole sur la violence, l'alcoolisme).

"C'est une protection de la victime et des conjoints violents, ça évite la récidive" - notre reportage audio

Amadou : "j'y repense tous les jours, j'ai déconné" - notre reportage

Eviter la récidive

"Cela fonctionne car ces individus ne retournent pas au domicile, donc on protège les victimes qui elles restent chez elles. Et cela permet aux mis en cause de réfléchir à construire une vie hors du domicile familial", assure la vice-procureur de Toulouse Elsa Servant, qui utilise cette plateforme. Elle assure que les entretiens de prises en charge pour violences conjugales (assurés par l'association France Victimes 31) ont bondi de 50% pendant le confinement et fait état de 25 comparutions immédiates et 80 déferrements durant cette période. Très concrètement, la vice-procureur envoie un mail à la plateforme gérée par groupe SOS qui  trouve une solution d'hébergement aux conjoints violents dans les 24h environ. 

RÉÉCOUTEZ - Elsa Servant, vice-procureur de Toulouse

Et Elsa Servant ajoute : "Ce n'est pas simplement un hébergement mais aussi un accompagnement social, psychologique, sanitaire. Avant on trouvait ça sale de parler de prise en charge des auteurs, on n'avait pas conscience qu'il fallait investir des fonds pour essayer de faire diminuer la récidive car des expériences passées comme celles menées par Luc Frémiot ont montré que cela fonctionnait. Même si l'hôtel n'est pas la solution idéale". Elle "rêve" en effet de petits appartements ou le suivi serait encore plus assuré et pérenne. 

Cette plateforme a les fonds pour fonctionner encore jusqu'en juillet, mais tous les acteurs espèrent qu'elle sera pérennisée. 

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