Société

Des cours privés afin de lutter contre le décrochage scolaire

Par Laurent Vareille, France Bleu Azur lundi 19 septembre 2016 à 17:36

Ecole Georges Sand
Ecole Georges Sand © Radio France - Laurent Vareille

L'éducation nationale organise ce mardi une journée nationale de lutte contre l'échec scolaire, ce qu'on appelle également le décrochage scolaire. Dans le département des Alpes-Maritimes, 8% des élèves sont touchés.

Si en France, de nombreux enfants sont en décrochage scolaire à cause de leur contexte familial, la principale raison de l'échec en classe réside toujours dans les troubles du comportement . Toutefois cette notion reste vaste et floue. L'élève  peut être hyper-actif, souffrir de phobies, d'un manque de concentration, être "dys" (dyslexique, dysorthographique, dysphasique, dyspraxique, etc) ou encore développer un complexe d'infériorité.

Dans tous ces cas, il ne trouve plus sa place dans un établissement traditionnel, avec des classes de 30 à 35 élèves, avec un programme bien définie et un enseignement global. L'enfant se sent ainsi perdu et petit à petit décroche. Cette phase est également souvent doublée d'une mauvaise orientation.

Pas plus de 15 enfants par classe

A Nice, Marie-Hélène Tramier  et Sophie Cambourian, ancienne psychologue et ex-juge pour enfant, ont alors créé, il y a 6 ans, le cours Georges Sand. Il s'agit d'une école privée, agréée par l'Education Nationale mais hors-cadre. Cela signifie que cette école ne reçoit pas de subventions de l'Etat. Elle accueille un peu plus de 50 enfants, de la 6ème à la terminale.

"Nous n'avons pas plus de 15 élèves par classe, explique Marie-Hélène Tramier, la chef d’établissement. Nos professeurs sont également formés à faire cours à ce type d'élèves". Ces derniers sont alors accueillis le temps de leur reconstruction. "Quand ils arrivent, ils ont tous perdu confiance en eux, poursuit la responsable. Ils ont un rapport avec l'adulte compliqué parce qu'ils pensent qu'il est forcément contre eux. Ils ont également développé un mal-être. Souvent, on se moquait d'eux. Ils ont même parfois de la défiance vis à vis des autres enfants."

Des cours individualisés

C'est ainsi que la structure, de par sa taille, prend le relais de l'éducation nationale. Les cours sont presque individualisés. Cette année, les 6e ne sont que 5. Ils suivent un cursus normal, le programme est respecté mais l'apprentissage est simple. L'enfant se reconstruit petit à petit.

Les profs ne comprenaient pas

Marie-Lou a 15 ans. Elle est aujourd'hui en 3ème. Il y a deux ans, elle ne pouvait plus aller à l'école, atteinte de phobie scolaire. "Je devais sortir de la classe. Ca me prenait comme ça ! Je ne pouvais pas rester, c'était plus fort que moi, explique la jeune fille désormais souriante. Les profs ne comprenaient pas vraiment. Je n'en parlai qu'à ma copine".

Aujourd'hui, la jeune collégienne va mieux. Elle suit sa scolarité au cours Georges Sand, doit parfois encore soudainement sortir mais les professeurs prennent ce problème en compte. Petit à petit, elle redevient une élève comme les autres.

400 à 700 euros par mois

L'école est privée et les frais de scolarité sont de 400 à 700 euros par mois. C'est plus cher que la moyenne mais le cours doit entièrement s'auto-financer. Les élèves ne sont pas non plus voués à rester très longtemps. Certains y passent quelques mois, d'autre quelques années mais tous tentent de vivre l'école de manière normale.