Société

La Fondation Cognacq-Jay récompense un projet limousin d'accueil des demandeurs d'asile

Par Françoise Ravanne, France Bleu Limousin et France Bleu mardi 13 décembre 2016 à 18:42

C'est par l'agriculture que "La Terre en Partage" veut redonner de la dignité aux demandeurs d'asile
C'est par l'agriculture que "La Terre en Partage" veut redonner de la dignité aux demandeurs d'asile - © La Terre en Partage

La Fondation Cognacq-Jay vient de décerner le premier prix "Vision" qui récompense des initiatives favorisant le lien social à un projet baptisé "La Terre en partage". On le doit à un couple de la région parisienne qui veut offrir un lieu de vie et d'activité aux demandeurs d'asile en Haute-Vienne.

Pour l'instant "La Terre en Partage" n' est encore qu'un projet et des pourparlers sont en cours avec les services de l'Etat. Mais ce prix décerné par la Fondation Cognacq-Jay est un sérieux coup de pouce pour Clémence et Boris Skierkowski. Ce jeune couple à l'origine du projet fait des allers-retours depuis plusieurs mois entre la région parisienne et Saint-Just-le-Martel près de Limoges. C'est dans le domaine appartenant à l'association "les Apprentis d'Auteuil" qu'ils comptent s'installer avec leur petit garçon et surtout créer un hébergement pour une vingtaine de demandeurs d'asile. Mais au cœur du projet il y a aussi l'agriculture et une agriculture durable telle que la pratiquaient les demandeurs d'asile avant de quitter leur pays.

La Terre en Partage, c'est aussi la formation et l'échange social avec la population locale" - Boris Skierkowski

" C'est parce que les démarches pour obtenir le statut de demandeur d'asiles sont très longues, que nous avons voulu agir", explique Boris Skierkowski. Des cours de Français leur seront aussi prodigués pour une meilleure intégration. Et parce que Boris Skierkowski est aussi chef d'orchestre, le couple envisage pourquoi pas de créer une chorale.

Pour Clémence Skierkowski c'est la situation des migrants dormant dans les rues à Paris qui a déclenché l'idée de ce projet

Si c'est à Saint-Just-le-Martel que le couple a souhaité mettre en place son projet c'est parce que c'est proche de Limoges, et donc plus pratique pour les démarches administratives. C'est aussi parce qu'il y avait un terrain fertile sur le domaine des Apprentis d'Auteuil, mais surtout explique Clémence Skierkowski, "On s'est aperçu que politiquement beaucoup d'acteurs locaux au niveau du Conseil départemental et de l'Agglo de Limoges s'étaient déclarés favorables à l'accueil des réfugiés et la population plutôt accueillante".

Le prix qu'ils ont reçu de la Fondation Cognacq-Jay se traduit par une aide de 7.000 euros et un accompagnement durant six mois par un expert. Le projet pourrait voir le jour à la fin de l'été 2017.