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Société

Six enfants Sahraouis, réfugiés du Sahara occidental, découvrent le Havre

Comme chaque année, l'association humanitaire "Un camion-citerne pour les Sahraouis" accueille une demi-douzaine d'enfants réfugiés, issus du peuple africain Sahraoui, à la découverte du Havre pendant deux semaines. Une initiative humanitaire, mais aussi politique.

Ces six enfants de 10 ans, nés dans les camps de réfugiés au sud-est de l'Algérie, n'avaient jamais voyagé avant cet été.
Ces six enfants de 10 ans, nés dans les camps de réfugiés au sud-est de l'Algérie, n'avaient jamais voyagé avant cet été. © Radio France - Simon de Faucompret

Le Havre, France

C'est une initiative qui existe depuis 28 ans, dans l'association "Un camion-citerne pour les Sahraouis" du Havre (Seine-Maritime) : chaque été, six enfants Sahraouis originaires du Nord de l'Afrique sont accueillis pendant deux semaines, au Havre et alentour. Cette année, ce sont Mohammed, Sidi, Khatar, Mariée, Mona et Aicha qui sont hébergés jusqu'au 12 août dans des familles havraises, membres de l'association humanitaire. Trois filles, trois garçons de dix ans, nés dans les camps de réfugiés au sud-est de l'Algérie : avant cet été, ils n'étaient jamais sortis du désert.

Depuis 1991, l'association "Un camion-citerne pour les Sahraouis" fait découvrir aux jeunes réfugiés africains ce qu'ils n'ont fait que lire dans leurs livres : le quotidien en France. - Radio France
Depuis 1991, l'association "Un camion-citerne pour les Sahraouis" fait découvrir aux jeunes réfugiés africains ce qu'ils n'ont fait que lire dans leurs livres : le quotidien en France. © Radio France - Simon de Faucompret

Les enfants, "messagers de paix"

"C'est la première fois qu'ils sortent de leur camp de réfugiés", confirme Olivier Aubrun, membre de l'association "Un camion-citerne pour les Sahraouis", qui s'occupe de camps d'exilés Sahraouis en Algérie. Ce peuple, président dans le Sahara occidental, revendique son indépendance depuis des décennies. Un conflit avec le Maroc dure depuis 1974, il a poussé de nombreux Sahraouis à s'exiler vers une zone désertique au sud-est de l'Algérie.

Pour nous aussi, ça a changé nos vies." - Olivier Aubrun

En accueillant ces six enfants de 10 ans, les membres havrais de l'association participent à "une action humanitaire", renchérit Olivier : "On les sort des chaleurs, jusqu'à 55 degrés dans le désert. _C'est leur premier voyage à l'étranger en général_. Ils s'en rappellent, et c'est pour la vie." Avant le Havre, les jeunes ont passé deux semaines à Ivry et Paris (Île-de-France), et un moment en Savoie. "Ils découvrent l'avion, Paris, l'aéroport, la mer, les vaches, la neige, la verdure ... C'est énorme !" Ce voyage d'un mois et demi demande un effort conséquent à l'association : à raison de quelques milliers d'euros sur place, et de 500 euros pour le trajet ... "On tourne autour de 8 000 euros par été", détaille Olivier.

Quand il s'agit de s'amuser avec d'autres enfants, la barrière de la langue importe peu ! - Radio France
Quand il s'agit de s'amuser avec d'autres enfants, la barrière de la langue importe peu ! © Radio France - Simon de Faucompret

Mais l'association tient à cet échange, depuis 1991. Un moyen d'aider les jeunes, mais aussi de transmettre un message à travers eux. "On les appelle messagers de paix", sourit Hadou, leur accompagnant et interprète. "On demande à la communauté internationale de trouver une solution à ce conflit qui dure depuis 1974, dont sont victimes ces enfants et leur famille."

Échange interculturel

Lorsqu'on demande aux jeunes Sahraouis ce qu'ils retiennent du Havre, c'est autrement plus insouciant : "On a bien joué, on a ri, on a fait la piscine, on a même passé le permis de vélo. C'est des nouveautés, bien sûr", transmettent-ils à Hadou, qui nous le traduit. Et puis, par-ci par-là, ils glanent quelques mots de français : "bonjour", "merci", "au revoir" ... et même "dodo" !

Mais l'échange est loin d'être à sens unique ! "Pour nous aussi, ça a changé notre vie, l'éducation de nos enfants, leur façon de se comporter", glisse Olivier Aubrun. Certains jeunes Havrais sont même déjà partis en délégation à Tindouf, ville algérienne la plus proche du camp Sahraoui. "Quand je suis sortie de l'aéroport, il n'y avait que du sable ! Nous il n'y en a qu'à la plage", dit Ambre, pensive. La jeune fille de 11 ans est déjà partie trois fois là-bas. "Les maisons ne sont pas faites pareil que chez nous, tout est très différent."

Ambre (en rose) passe un certain temps à jouer avec les enfants Sahraouis, surtout quand la météo havraise le leur permet ! - Radio France
Ambre (en rose) passe un certain temps à jouer avec les enfants Sahraouis, surtout quand la météo havraise le leur permet ! © Radio France - Simon de Faucompret

Et après ?

Olivier Aubrun participe à cette mini-délégation depuis huit ans. Les jeunes qu'il accompagnait au début sont aujourd'hui majeurs. Restent-ils en contact ? "Aujourd'hui, c'est plus simple", assure-t-il. "Quand ils peuvent accéder à Internet, ça permet de garder contact." Quand il part en délégation dans les camps algériens, il peut retrouver les jeunes et rencontrer leurs proches. "Quand on les retrouve, on rouvre l'album-photo", sourit-il.

Quant aux Havrais qui les hébergent ... "Ce sont de grands souvenirs, de grandes émotions", témoigne Robert Toutain, hôte régulier des membres de ce voyage estival. "Voilà qu'on reçoit une petite personne qui nous apprend plein de choses, à trouver du bon chez tout le monde ... On apprend beaucoup."