Société

Des étudiants infirmiers privés de stage dans les Pyrénées-Orientales

Par Elisabeth Badinier, France Bleu Roussillon lundi 24 février 2014 à 18:43

Infirmiers - illustration
Infirmiers - illustration © MaxPPP

70 étudiants qui devaient effectuaient leur stage dans le privé voient leur contrat brusquement interrompu à compter du premier mars. Une mesure de rétorsion des établissements de santé privés sous contrat avec l'Etat, pour dénoncer une baisse de la prise en charge des patients dans le privé. Les étudiants sont désemparés.

Stages interrompus ou déplacés pour les élèves infirmiers des Pyrénées-Orientales. A partir du premier mars, ce samedi donc, 70 étudiants qui effectuaient leur stage pratique dans des établissements de santé privés sous contrat avec l’État ne seront plus accueillis dans les cliniques ou les maisons de retraite par exemple. La fédération de l'hospitalisation privée, la FHP a décidé de boycotter la formation en raison d'un conflit avec le gouvernement.

Le ministère de la Santé veut baisser les tarifs de 0.49% sur le forfait séjour dans les établissements privés à partir du 1er mars. Des tarifs qui sont déjà en dessous de ceux du publics.

Pascal Delubac, vice président de la FHP dans les Pyrénées-Orientales se justifie : "Les cliniques paient en plus un impôt comme n'importe quelle société commerciale, contrairement à l’hôpital de Perpignan exonéré de cette charge. Pour les établissements du privé c'est la double peine. Le gouvernement nous maltraite, nous n'avons plus d'échange avec le ministère de la santé, c'est pour cette raison que nous avons pris cette mesure, certes un peu dure, mais c'est la seule façon de se rendre un peu audible .

On regrette que les étudiants soient pris dans ce conflit, mais c'est la seule façon de se faire entendre, on nous a poussé dans nos derniers retranchements. Ça n'est pas de leur faute, et nous n'avons pas choisi cette stratégie de gaité de cœur . Mais nous accueillons en France 32 000 stagiaires par an, donc nous avons un rôle dans la formation ".

Pascal Delubac, directeur de la clinique Saint-Pierre

Pour pénaliser le moins possible les étudiants, l'hôpital de Perpignan a accepté de prendre plus de stagiaires, y compris en service de nuit. Une solution bancale pour les deuxièmes et les troisièmes années.

Ce boycott des stages est un coup dur pour les élèves infirmiers, un chantage inacceptable pour Marine, en deuxième année de l'école d'infirmière à Perpignan. "Le conflit entre le privé et le public, ça ne nous concerne pas, on est totalement pris en otage . On est pris au dépourvu à devoir changer de stages, certains services vont être surchargés d'étudiants. On va devoir faire des nuits, ce qui n'est pas dans les habitudes de stage".

Infirmiers / PAF Marine

Lucie, en deuxième année de l'école d'infirmière, a appris au dernier moment que son stage dans une clinique privée était annulé. Elle vient tout juste d'être réaffectée à l'hopital de Perpignan, dans un service qu'elle n'a pas vraiment choisi. "Les étudiants devaient aller en chirurgie et comme il n'y a pas de places, ils iront en médecine, ce n'est pas du tout la même chose. Nous, on y est pour rien, on est là en formation, on ne comprend pas".

Infirmiers / Lucie

Pour les premières années, les stages s'effectueront sur les vacances d'été, une situation inconfortable pour ceux qui avaient prévu un job d'été pour financer leurs études par exemple.

Infirmiers / Marie 1ere année enro

Une manifestation des étudiants infirmiers est prévue samedi premier mars à Perpignan à 14h30 au Castillet.