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Société

"Ce n'est pas humain" : en pleine canicule à Bordeaux, les associations alertent sur les personnes expulsées des squats

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Par , France Bleu Gironde

Quatre familles ont trouvé une solution d'hébergement. Mais 150 à 200 personnes environ restent toujours à la rue selon les associations. Alors que le thermomètre va dépasser les 40 degrés, Bordeaux métropole et la municipalité assurent rechercher activement des lieux d'accueil.

Plusieurs dizaines de personnes dorment tous les soirs à la Bourse du travail, sans douches ni réfrigérateur.
Plusieurs dizaines de personnes dorment tous les soirs à la Bourse du travail, sans douches ni réfrigérateur. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Bordeaux, France

Suite aux démantèlements des squats de Saint-Michel et Saint-Médard-en-Jalles début juillet, 150 à 200 personnes sont toujours à la rue à Bordeaux selon les associations. Pour l'instant seules quatre familles sont hébergées. Depuis dimanche, le Samu social prend en charge un couple avec une femme diabétique et enceinte de plusieurs mois. Darwin héberge deux familles avec enfants en bas âge dès lundi soir et une troisième à partir de mardi. Mardi, le Samu social fera une évaluation médico-sociale de ces familles, afin qu'elles soient prises en charge par le département si elles relèvent de sa compétence, notamment si elles comportent des enfants de moins de trois ans.

40 familles sans domicile fixe à Bordeaux selon Médecins du monde

Ces personnes délogées s'ajoutent aux nombreux sans-abris qui vivent à Bordeaux : au total, selon Médecins du monde, "quarante familles sont sans domicile fixe, plusieurs ont de très jeunes enfants." La municipalité et Bordeaux Métropole assurent chercher activement des solutions d'hébergement d'urgence. Mais l'ouverture du gymnase Thiers rive droite, dans le quartier de la Bastide, ne semble plus être une option : "il n'est pas réfrigéré et présente des problèmes de robinetterie et d'accès à l'eau", explique la ville.

L'ouverture du gymnase Thiers, rive droite, ne semble plus une option. - Radio France
L'ouverture du gymnase Thiers, rive droite, ne semble plus une option. © Radio France - Fanny Ohier

Alors que la canicule fait son retour, et que Météo France prévoit des températures supérieures à 40°C mardi notamment, la situation devient intenable. Selon l'association Ovale citoyen et Médecins du monde, depuis ce week-end trois personnes ont été admises aux  urgences psychiatriques. Pour permettre aux personnes sans-abri, mais aussi aux promeneurs, de faire face aux fortes chaleurs dans un lieu climatisé avec sanitaires, le hall de l'hôtel du département est ouvert en journée dans le cadre du plan canicule.

L'accès aux douches compliqué

A la Bourse du travail, depuis une semaine, ils sont plusieurs dizaines, chaque soir, à poser leur matelas par terre. Une solution d'urgence qui ne peut pas durer pour Anne, de la CGT : "Il n'y a pas de douche, pas de quoi chauffer, pas de réfrigérateur... il n'y a rien. Cela permet juste de s'abriter du soleil et d'être en sécurité le soir parce qu'on ferme la porte. Ce n'est pas humain qu'ils se retrouvent ici." Seule une douche est installée pour le moment, à l'Athénée libertaire, qui assure un accueil de jour.

ECOUTEZ - Le reportage France Bleu auprès des personnes expulsées

Adam, un Ivoirien de 42 ans dort régulièrement à la Bourse du travail : "Il fait très chaud mais on n'a pas le choix, on est obligé d'accepter. Il y a des enfants, des femmes enceintes... Il va falloir faire quelque chose pour toutes ces personnes en détresse." Il explique être demandeur d'asile ; normalement il devrait donc être hébergé par l'État le temps d'obtenir une réponse. Selon les associations, ils sont plusieurs dans ce cas comme l'explique Thomas, de la Confédération nationale du travail : "Notre vocation c'est aussi d'alerter sur le fait que l'État et les collectivités locales ne respectent pas leurs obligations de prendre en charge notamment les familles. En plus la plupart des gens ici sont en attente de réponse de demande d'asile ou de carte de séjour. L'État français a obligation de leur proposer un hébergement mais ce n'est aujourd'hui pas assuré."

La préfecture de son côté assure que tous les demandeurs d'asile expulsés des squats se sont vus proposer une solution d'hébergement. Les bénévoles sont également très inquiets car la préfecture a prévu de poursuivre le démantèlement des squats ces prochaines semaines dans la métropole. Elle en a comptabilisé 150 dans toute la Gironde, l'immense majorité se situant en fait dans la métropole, ce qui représenterait environ 1500 personnes.