Société

Des filets pour protéger les crapauds à Mathay (25)

Par Lorrain Sénéchal, France Bleu Belfort-Montbéliard dimanche 22 mars 2015 à 7:00

Ces crapauds communs seront relâchés de l'autre côté de la route par les bénévoles.
Ces crapauds communs seront relâchés de l'autre côté de la route par les bénévoles. © Radio France - Lorrain Sénéchal

Les amphibiens, crapauds et autres tritons, sont obligés de traverser la D438 pour rejoindre un étang qui leur sert de lieu de reproduction. Beaucoup sont écrasés en chemin. La LPO-25 et le conseil général ont mis en place une opération de protection et de recensement des amphibiens.

Des filets sont désormais installés sur un peu plus d'un kilomètres sur la départementale 438, à l'entrée de la commune de Mathay. La LPO25 (qui ne s'occupe pas que des oiseaux), le conseil général du Doubs, et certains salariés de Pays de Montbéliard agglomération, sont à l'origine de cette opération. En ce moment c'est la saison des amours pour tritons, grenouilles et crapauds. Mais leur lieu de reproduction est situé de l'autre côté de la route, dans un petit étang. Il leur faut donc traverser, et beaucoup terminent écrasés.

Mobilisés tous les soirs

Le dispositif permet de les diriger vers des seaux où ils sont récupérés par des bénévoles de la Ligue de Protection des Oiseaux, pour leur faire traverser la route en toute sécurité. Il faut donc être mobilisé tous les soirs jusqu'à la fin de la saison des amours, dans un mois. "Nous tournons pour avoir deux personnes en permanence, et d'autres peuvent être réveillés à tout moment si besoin", explique Georges Lignier de la LPO Pays de Montbéliard.

Crapaud SON

Les bénévoles arpentent la route lampe de poche à la main ou sur le front. Ils surveillent le filet, et relèvent les seau. Même Anaïs, 10 ans, s'y met. C'est elle qui a demandé à son papy de venir.

"J'aime bien les petits animaux" explique Anaïs, "mais je n'ai pas encore osé toucher les crapauds".

Ce soir-là, Anaïs va surmonter sa peur avec vaillance.

Crapauds ENRO

Elle est encouragée par Nathalie Dewinter, chargée d'étude à la LPO et spécialiste des amphibiens et batraciens. C'est elle qui a formé les bénévoles, et qui supervise l'opération. Le but est de "répertorier les amphibiens pour savoir exactement ce qui compose cette zone. Ensuite, nous pourrons réfléchir à une solution adaptée", explique Nathalie Dewinter.

Pour sauver durablement les crapauds, il faudrait construire des crapauducs, des petits tunnels qui traversent la chaussée. Cela a déjà été mis en place par le département du Doubs dans la vallée de l'Ognon. C'est assez coûteux : entre 150.000 et 500.000 euros.

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