Des grilles pour dissuader l'installation de migrants à Paris et Saint-Denis
Des grilles fleurissent dans divers endroits de la capitale et à Saint-Denis, qui visent à dissuader les migrants d'installer des campements sur la voie publique. Les riverains se disent mal à l'aise avec ces dispositifs.

Des grilles en fer, d'environ deux mètres de haut, ont fait leur apparition depuis plusieurs mois, plusieurs semaines à Paris, dans les 10e, 18e et 19e arrondissement. Sur le terre-plein de l'avenue du Président Wilson également à Saint-Denis. Ces dispositifs sont destinés à empêcher les réinstallations de campements de migrants, Place de la Battaille-de-Stalingrad, sous le métro aérien des Boulevards de la Chapelle et de La Villette ou avenue de Flandre dans le 19e arrondissement.
Depuis l'évacuation du campement de migrants, avenue de Flandre, début novembre, le terre-plein central de l'avenue est entouré de grilles sur 400 mètres et cela créé un malaise dans le quartier. Paula, habitante du quartier, fait partie d'un collectif qui distribue régulièrement des petits-déjeuners aux migrants de l'arrondissement, elle trouve le paysage "hostile" :
Je trouve cela agressif, ce grillage me dérange, c'est absurde. Ces grilles ont été installées là dans la précipitation, sans réflexion.
En lieu et place des migrants qui occupaient les lieux sous des tentes, quelques jeux pour enfants ont été aménagés. Ils sont déserts sur cette avenue traversée par un flot continu de voitures.
Des aménagements "prétextes" qui font "flop" pour une grande partie des riverains croisés. Un vigile d'une société privée, financé par la municipalité surveille les lieux. Des cabanes en bois sont également installés, quelques sapins, donnent l'illusion d'un marché de Noël, mais elles sont fermées.
On nous prend pour des imbéciles. Il n'y a personne, les baraques sont vides depuis deux mois. Ces aménagements sont un tour de passe-passe, un cache-sexe, s'emporte un habitant.
"Une solution d'urgence" explique le maire du 19e arrondissement
Le maire du 19ème arrondissement, François Dagnaud assume, il n' y a pas d'alternative à court terme pour empêcher la réinstallation d'un campement. "Ces barrières sont provisoires, une solution par défaut, une solution d'urgence pour permettre la résilience des habitants et commerçants du quartier qui ont connu une période dure, qui ont vécu pendant des mois à proximité d'un bidonville, d'une population en grande souffrance." Le maire reconnaît qu'il va falloir mener une réflexion pour un aménagement pérenne de ce terre-plein, avenue de Flandre. Il espère que le centre humanitaire parisien du Boulevard Ney dans le 18e absorbera les prochaines arrivées de migrants pour pouvoir retirer les grilles sans risque de voir revenir des tentes.
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