Société DOSSIER : La nouvelle maison d'arrêt de Saint-Bonnet-les-Oules

À Saint-Bonnet-les-Oules, on a sorti les pancartes pour dire "Non" au projet de prison

Par Angy Louatah, France Bleu Saint-Étienne Loire mardi 1 novembre 2016 à 18:22

Association et mairie même combat. C'est toute la ville qui s'est drapée du slogan "Non à la prison".
Association et mairie même combat. C'est toute la ville qui s'est drapée du slogan "Non à la prison". © Radio France - Angy Louatah

Le préfet aurait confirmé au maire de Saint-Bonnet-les-Oules l'emplacement précis de la future prison du sud de la Loire. Dans ce village situé à proximité d'Andrézieux, des habitants commencent à se mobiliser contre le projet.

Dans le sud de la Loire, une nouvelle prison va remplacer celle située à la Talaudière. Le ministère de la justice annonçait une enveloppe de 64,5 millions d’euros pour un établissement de 500 à 550 places, c'est-à-dire plus grand que la prison surpeuplée de la Talaudière.

Deux sites tenaient la corde jusqu'ici : un situé à Roche La Molière et un au pied de la commune de Saint-Bonnet-les-Oules, près d'Andrézieux. Le préfet doit annoncer le choix de l’État avant la mi-décembre, mais la mairie de Saint-Bonnet les Oules explique que l'emplacement est déjà déterminé et que le préfet l'a signifié au maire Guy Françon. Il s'agirait d'un site de dix hectares au pied de cette commune de 1600 habitants.

La mairie réclame l'annulation de la décision

Sur la place de la mairie, des draps et des pancartes "non à la prison" ont été déployées. À l'intérieur du bâtiment, le ton n'est pas si différent. Cassandre Janvier, première adjointe au maire, déplore l'absence de concertation sur ce dossier.

Le problème, ce n'est pas celui de la commune. C'est le problème de l'impact sécurité, environnement et vie des citoyens. Nous ne jouons pas au jeu de la patate chaude, à renvoyer la balle ailleurs. Je pense qu'il y a d'autres sites dans Loire Sud qui pourraient accepter une prison, sans que cela n'affecte la population locale. [...] Je demande que l'on annule cette décision et que le dossier soit entièrement revu. (Cassandre Janvier)

"Pas le jeu de la patate chaude" (Cassandre Janvier)

Pétitions, association : les habitants réagissent

Le bruit s'est répandu très rapidement au village et depuis le 26 octobre, une association "non à la prison" se mobilise. Elle a même lancé des pétitions dans la rue et sur internet contre l'installation de cette prison. Elles réunissent en tout et pour tout environ 2000 personnes pour l'instant. Le slogan 'non à la prison" est écrit partout dans les rues, sur les habitations et devant les commerces de Saint-Bonnet les Oules. À première vue, c'est un "non" catégorique. Un "non" à la prison de Saint-Bonnet les Oules avec des arguments typiques de ce genre de mobilisation :

Il y a des trafics autour des prisons, la presse en relate régulièrement à la Talaudière. Donc oui, cela fait peur aux gens et c'est tout à fait légitime, d'autant qu'on ne nous a absolument rien présenté. On nous a simplement dit : 2021, 65 millions d'euros d'investissement... Voilà, c'est tout. (Raphaël, un habitant porte-parole de l'association)

Une absence d'explication et de concertation que l'association déplore. D'autant que le collectif ne veut pas se fermer aux explications. Le "non" à la prison fait surtout référence à l'emplacement qui aurait été choisi. Un terrain situé à côté d'une usine classée "Seveso 2", c'est-à-dire potentiellement dangereuse pour l'environnement. Eric Bayard, le président du collectif en a fait son principal argument.

Qui dit zone Seveso 2, dit risque peut-être un jour d’évacuation... Donc cela ferait bouger beaucoup de personnes d'un seul coup, alors cela me paraît très dangereux de mettre une prison à cet endroit-là. (Éric Bayard, président de l'association "non à la prison")

De son côté, le préfet n'a rien annoncé officiellement. Il a encore plus d'un mois pour le faire. À Saint-Bonnet les Oules, les opinions s'expriment déjà, la frustration de ne pas pouvoir en discuter avec les autorités surtout.

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