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PHOTOS - Des habitants du quartier Saint-Charles à l'Est de Nice se rebellent contre des dealers

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Par , France Bleu Azur

Des résidents des immeubles HLM "Les Chênes" et "Les Oliviers" en ont marre des dealers qui vendent de la drogue sous leurs fenêtres. Après des tirs à l'arme automatique le 17 avril, des pères de familles et grands-pères d'origine tchétchène ont entrepris des rondes pour chasser les trafiquants.

Des résidents des immeubles HLM ont installé une pancarte pour montrer que le trafic ne doit plus se tenir devant les résidences
Des résidents des immeubles HLM ont installé une pancarte pour montrer que le trafic ne doit plus se tenir devant les résidences - Un habitant du Boulevard Louis Braille

Depuis dix mois, selon la présidente d'une association de locataires du Boulevard Louis Braille, le trafic s’étale à ciel ouvert sur le parvis des résidences. Les trafiquants ont investi un étage du garage, le hall, des escaliers : "ce sont des centaines de clients qui viennent chaque jour, et sont venus y compris pendant le confinement, acheter de la drogue, il y a même des chauffeurs de bus qui s'arrêtent là. La police et la justice sont trop laxistes" regrette cette habitante qui soutient les familles tchétchènes qui sont passés à l'action. 

Des tirs à l'arme automatique

L'élément déclencheur, c'est une fusillade à l'arme automatique, en pleine nuit au pied des immeubles dans la nuit du 17 avril dernier. Deux jeunes Tchétchènes, étrangers au quartier, ont été blessés et hospitalisés. La brigade criminelle de la police judiciaire a ouvert une enquête. Ces tirs ont provoqué la panique des résidents et poussé des membre de la communauté tchétchène à stopper les dealers.

"Une vingtaine de familles habitent dans ces logements sociaux, elles n'en peuvent plus des occupations des garages, de la casse des ascenseurs. Leurs enfants jouent à côté des trafiquants. Alors, après ces tirs et avec la crainte de recevoir une balle perdue dans un règlement de comptes, des pères de famille et grands-pères d’origine tchétchène commencé à effectuer des rondes, à faire comprendre aux jeunes dealers que le trafic doit cesser, et par intimidation, sans armes, ont repris possession des lieux ", raconte un habitant du quartier membre de la communauté tchétchène. 

Des voitures incendiées et des tags menaçants

Huit jours après les tirs et les rondes débutées par des membres de la communauté tchétchène, des voitures ont été incendiées dans la nuit, dont celle de la gardienne, au cocktail Molotov. Des tags menaçants s’affichent sur les murs des garages (voir photos ci-dessous) : "c’est que le début", "remercie tes amis tchétchènes". Des familles décident alors d'alerter les médias, d'écrire au président de la République, au ministre de l’Intérieur et au maire de Nice pour réclamer davantage de présence policière.

La sûreté départementale, suite aux incendies de véhicules, assure qu’elle patrouille régulièrement dans le quartier, en civil ou en tenue. Le député LR, Eric Ciotti, a écrit à Christophe Castaner pour que Saint-Charles soit classé comme quartier de "reconquête républicaine"

"Les habitants ont le sentiment d'avoir été abandonnés" raconte Noura Makaieva, présidente de l'association Caucase-France. "La police n'est pas assez présente. Des familles, des retraités, des réfugiés n'ont pas les moyens de déménager et doivent vivre avec ces incivilités, cette insécurité". 

Le bailleur social Côte d'Azur Habitat a proposé à une habitante, dont la voiture a été incendiée et qui a subi des menaces, la présence d'agents de sécurité devant chez elle. "Les livreurs ne montent plus les colis, pour trouver du travail donner cette adresse est rédhibitoire, même le bailleur ne pouvait pas terminer les travaux entamés dans les garages. Les dealers les avaient réquisitionnés et avaient creusé des trous dans des murs au fond pour échapper à la police" témoigne Denis, habitant d'origine tchétchène dont le prénom à été modifié.

"Ce sont des jeunes, certainement pas tous majeurs qui n'habitent pas forcément le quartier, certains viennent de Marseille ou Lyon. De temps en temps, il arrive que la police fassent des interpellations, mais quelques jours plus tard on retrouve les mêmes dealers aux mêmes postes, les mêmes guetteurs."

Ce que réclame Denis et les riverains du Boulevard Louis Braille c'est "de pouvoir vivre chez eux tranquillement. L'objectif est de cesser les rondes, assurées surtout par des anciens maintenant que le confinement est terminé. On ne veut pas prendre trop de risques. La police vient un peu plus souvent ces dernières semaines, constate Denis. Elle patrouille en civil et en tenue mais on craint que les trafiquants reviennent."

Des messages tagués  sur les garages
Des messages tagués sur les garages - Des habitants du Boulevard Louis Braille
Des résidents ont écrit au président de la République, au ministre de l'Intérieur et au maire de Nice pour alerter et réclamer plus de présence policière
Des résidents ont écrit au président de la République, au ministre de l'Intérieur et au maire de Nice pour alerter et réclamer plus de présence policière - Habitants du Boulevard Louis Braille
Des véhicules incendiés dans la nuit du 25 au 26 avril
Des véhicules incendiés dans la nuit du 25 au 26 avril - Habitants du Boulevard Louis Braille
Des tags retrouvés dans les parties communes
Des tags retrouvés dans les parties communes - Habitants du Boulevard Louis Braille
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