Société

Des habitants sous tension à Mauzac, avant l'arrivée d'une cinquantaine de migrants

Par Nacime Rahoui, France Bleu Périgord samedi 24 octobre 2015 à 20:07

Des réfugiés de la "Jungle de Calais".
Des réfugiés de la "Jungle de Calais". © Maxppp - Baziz Chibane

Dans les jours ou les heures qui viennent, une cinquantaine de réfugiés vont faire leur arrivée à Mauzac-et-Grand-Castang, en provenance de la "jungle de Calais". Dans ce petit village de 400 âmes, les habitants sont en colère. Ils dénoncent le manque d'informations.

"Personne ne nous a prévenus" ! Dans les maisons de ce petit village du Périgord Pourpre, près de Lalinde, toujours le même refrain. Les habitants ont appris l'arrivée d'une cinquantaine de réfugiés par les médias. Ni le maire, ni les gendarmes, ni la préfecture n'ont communiqué avec eux, jurent-ils. Pour l'instant, aucune date officielle n'a filtré, concernant l'arrivée de ces demandeurs d'asile, en provenance de la "jungle de Calais". Ils peuvent arriver à tout moment. Leur logement a été trouvé, il s'agit d'une grande maison qui abritait, autrefois, des colonies de vacances.

Gendarmes, Restos du Coeur et même... un traiteur !

La route des Combes, où se trouve le futur "Centre d'accueil", est bloquée par les Gendarmes. De loin, on aperçoit, tout de même, quelques bénévoles des Restos du Coeur qui s'affairent. Devant l'entrée, des réfrigérateurs neufs attendent d'être déballés. Un proche voisin, qui souhaite rester anonyme, parle d'un "ballet de voitures et de camions, depuis plusieurs jours". Des voitures de Gendarmerie, les camions des Restos du Coeur, et la camionnette d'un traiteur local, sollicité pour préparer des repas.

Pour l'instant, on ne sait rien, concernant ces migrants. De quels pays viennent-ils ? Y aura-t-il des enfants, des femmes ? Combien de temps vont-ils rester là ? Le Préfet devrait s'exprimer dès lundi. En attendant, toute l'opacité autour de cette arrivée intrigue et inquiète les habitants de Mauzac.

Je vais fermer ma porte à clé ! 

— Jean-Luc un habitant de Mauzac

Jean-Luc a, déjà, prévu de prendre des précautions supplémentaires : "Dorénavant, je vais fermer ma porte à clé. Je n'ai pas peur, mais j'appréhende". Une pétition circule dans le village, et jusqu'à Lalinde, pour dire "Non aux migrants à Mauzac". Dans les rues, le débat fait rage. Annick et Marine, elles, sont fières de voir que leur commune va aider des personnes en difficulté. Amanda, une restauratrice anglaise ("Moi aussi, je suis une migrante, en quelque sorte") est prête à donner un coup de main à traduire, s'il le faut.