Société

Des incivilités grandissantes à Saint-Quentin-de-Baron en Gironde

Par Rebecca Gil, France Bleu Gironde vendredi 23 octobre 2015 à 7:00

Saint-Quentin-de-Baron, une commune plutôt calme à la base
Saint-Quentin-de-Baron, une commune plutôt calme à la base © Radio France - Rebecca Gil

Mais que se passe-t-il dans cette petite commune de Gironde d'à peine 2500 habitants ? Des incivilités ont lieu régulièrement depuis quelques mois. Il s'agirait de l'oeuvre de quelques jeunes. Le maire est excédé, il compte prendre des mesures.

Quatre containers brûlés en plein centre-ville, des poteaux signalétiques de randonnée arrachés et incendiés, un impact sur une vitre de la salle des fêtes, le bitume dégradé… Ce sont les derniers incidents qui ont secoué la petite commune de Saint-Quentin-de-Baron le week-end dernier. 

La suite d’une longue liste tenue par Jack Allais, le maire Les Républicains. « Il s’agit de petites dégradations, mais qui mettent à mal les finances de la commune qui n’a déjà que peu de moyens », lâche-t-il exaspéré. En plus des dégradations matérielles, il observe une présence pesante dans certains endroits publics de la ville, « des jeunes qui cherchent à provoquer et à renforcer le sentiment d’insécurité des habitants » selon lui. Il parle aussi de "_tapage nocturne occasionné par des scooters, des bruits de pot d’échappement et des rodéos qui font penser à un remake de Fast and Furious à Saint-Quentin-de-Baron". _Un habitant, excédé par le bruit aurait même sorti un pistolet à grenaille pour faire peur aux jeunes.

Les dégâts laissés par les dernières incivilités devant la mairie - Radio France
Les dégâts laissés par les dernières incivilités devant la mairie © Radio France - Rebecca Gil

Il ne faut pas ghettoïser nos campagnes, Saint-Quentin-de-Baron ne doit pas devenir une zone de non-droits

— Jack Allais, maire de Saint-Quentin-de-Baron

Lassé par ces comportements qui ne cessent de s’étendre dans la commune, il prévoit des mesures, à commencer par la vidéosurveillance, des caméras seront installés aux abords de la ville. "Nous manquons cruellement de moyens financiers, humains également. Pourtant, les droits doivent être les mêmes pour tout le monde, grandes villes et campagnes". Cet ancien officier de police regrette le manque de forces de sécurité qui pourraient dissuader ces jeunes délinquants, faute de moyens. "Nous pourrions pourtant nous regrouper avec d’autres communes, nous en discutons" indique-t-il. Une convention avec la justice sera signée fin novembre, elle permettra de donner au maire plus d’indépendance, et d’envisager des sanctions, notamment des amendes.

Jack Allais, maire de Saint-Quentin-de-Baron

Comment expliquer ces incivilités ?

"Nous manquons de lieux d’accueil pour les jeunes, un bistrot ou un billard par exemple" explique Jack Allais. "_Nous réfléchissons à la création d’une maison pour les jeunes, qui leur permettra de s’exprimer, et de s’occuper autrement qu’en détruisant le mobilier de la commune". _Nadia Demptos-Coussirat vit depuis 40 ans à Saint-Quentin-de-Baron, elle est conseillère municipale. "Le problème, c’est que la population de la commune a doublé en à peine 10 ans, et les infrastructures n’ont pas suivi. De plus, nous manquons cruellement de transports, qui permettraient aux jeunes de chercher du travail, de bouger".

Des associations comme remède au mal des jeunes

Une association s’est créée l’an dernier, Jeun’s attitude, une autre a vu le jour le mois dernier, Mix Energie (Mix comme la mixité de ces jeunes qui font la richesse de la ville, énergie comme celle qu’elle veut insuffler à la commune). Les jeunes s’y investissent petit à petit. "Nous essayons de les aider, de leur donner des moyens" explique Nadia Demtos-Coussirat. "Mais pour cela, nous avons besoin de savoir de quoi ils ont besoin exactement. Il faut instaurer un dialogue, que nous avons du mal à mettre en place."

Quentin, 19 ans est le vice-président de Jeun’s attitude, selon lui "l’association commence à se faire connaitre, mais ces jeunes gâchent tout, on cherche à faire des choses pour eux mais on est pénalisés à cause de leurs bêtises". En tout cas, des initiatives sont prises de part et d’autre, reste à attendre qu’elles portent leur fruit.