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Des jeunes Landais dénoncent la grossophobie avec un court-métrage

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Par , France Bleu Gascogne

Le court-métrage "Grossophobia", écrit et interprété par des jeunes de Tarnos dans les Landes et réalisé par Magloire, semble promis à un joli destin. Il est présenté en avant-première ce jeudi à Tarnos. Le film tourné dans les Landes l'été dernier évoque la grossophobie et ses conséquences.

Anaïs (au centre) lors de son sacre à Miss Curvy France 2019
Anaïs (au centre) lors de son sacre à Miss Curvy France 2019 - Chichie'shoot

Grossophobia ou la grossophobie et ses conséquences. Le court-métrage a été tourné l'été dernier dans les Landes à Tarnos. Ecrit, interprété, réalisé, il est désormais projeté. Avant-première ce jeudi soir 20 février au Méga CGR de Tarnos. Des associations nationales ou encore la Maire de Paris ont d'ores et déjà demandé de pouvoir le diffuser lors de soirées spéciales. Un dossier a également été envoyé pour le festival de Cannes en mai prochain. 

Le court-métrage dure 6 minutes et il dénonce les attitudes et les comportements hostiles qui stigmatisent et discriminent les personnes grosses, en surpoids ou obèses. Le film repose sur une histoire vraie qui prend racine dans l'enfance. Or les enfants en surpoids ont 80% de risque de le rester adultes s'ils sont discriminés. Miss France Curvy 2019 sera présente lors de l'avant-première jeudi. La jeune femme de 29 ans habite Pessac en Gironde et elle témoigne des critiques qu'elle a subies depuis l'enfance.

France bleu Gascogne : Quelle définition vous donneriez de la grossophobie ?

Anaïs : Pour moi la grossophobie, c'est le fait de harceler des personnes de façon systématique par rapport à leur poids. Et de ne pas leur accorder du coup une place dans la société simplement à cause de leur apparence.

Comment vous décririez-vous ?

Moi clairement je suis en surpoids. Je suis grosse. Ce n'est pas péjoratif pour moi car ça reste un adjectif. Et ça les gens ont tendance à l'oublier. Tout dépend de la personne qui dit le mot, comment elle va l'employer. C'est-à-dire que quand je me regarde dans le miroir et que je me dis que je suis grosse, pour moi c'est un constat. Quand quelqu'un va me croiser dans la rue et cracher à mes pieds en m'insultant de grosse, là pour le coup c'est une insulte et c'est totalement différent.

Est-ce que vous avez été victime de grossophobie ?

Déjà quand j'étais petite et que j'ai voulu faire de la danse classique - je n'oublierai jamais - le professeur de danse a refusé que je puisse m'inscrire parce qu'il considérait que j'étais grosse. Donc il a dit à mon papa : "Elle pourra s'inscrire mais à condition qu'elle maigrisse d'abord." Du coup j'en ai pleuré et sur le moment ça m'a fait du mal parce que mes parents n'ont pas rétorqué. Donc je me suis dit : "Ok. C'est normal." Et ça c'est pas normal. 

J'ai aussi eu l'occasion de vivre une expérience en rentrant dans une boutique de robes de mariée dans laquelle il n'y avait pas de robe de mariée grandes tailles. J'ai eu droit à la fameuse phrase : "Oh ben d'ici le mariage, vous aurez le temps de maigrir !" Non et non je ne vais pas maigrir pour me marier.  Là ce sont deux expériences en particulier mais il y en a beaucoup d'autres et celles que je vis, je les trouve encore moins pires que celles que certains ont pu déjà vivre. Et je me dis qu'au nom de ça, c'est important justement que ce mot existe. Mais ça ne suffit pas qu'il existe. Il faut aussi faire quelque chose autour. 

À 6 ans, vous avez pleuré parce que votre professeur de danse a refusé de vous inscrire. Est-ce que aujourd'hui, vous en pleurez encore de ce type de réflexion malveillante ?

Aujourd'hui je n'en pleure plus du tout. Parce que je me dis que c'est pas plus mal en fait. La malveillance même  du propos fait que c'est peut-être mieux de ne pas se retrouver coaché par une personne qui va catégoriser le droit aux enfants de pouvoir accéder à des cours. Aujourd'hui je danse. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de faire de la danse classique quand j'étais au collège. Et là je suis tombée sur le strict opposé, une professeure qui n'a pas cherché à comprendre si j'étais grosse, si j'étais petite, si j'étais grande. Et aujourd'hui je ne pleure plus du tout pour ce genre de réflexion parce qu'on ne m'en fait plus ! Et en fait j'ai bien fait le tri dans ma vie et je ne danse qu'avec des personnes qui sont bienveillantes et qui ne me voient pas comme un être humain avec du gras autour mais qui me voient simplement comme un être humain avec lequel danser !

Le court-métrage Grossophobia est diffusé en avant-première jeudi 20 février à 20h au Méga CGR de Tarnos. Le comédien et animateur Magloire sera présent, ainsi que les City@jeunes, Miss France Curvy 2019 et des associations luttant contre la grossophobie.

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