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Société

Des lycéens au Struthof pour le 70e anniversaire de la libération des camps de concentration nazis

lundi 26 janvier 2015 à 5:00 Par Olivier Vogel et Blandine Costentin, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass

Des élèves du lycée professionnel de la Haute-Bruche à Schirmeck ont tourné un film sur le camp de concentration nazi du Struthof, en Alsace. Certains d'entre eux iront le présenter cette semaine à Paris, pour le 70e anniversaire de la libération des camps.

Le camp de concentration du Struthof (vue générale)
Le camp de concentration du Struthof (vue générale) © Maxppp

"Douleur, mort, mémoire ", c'est avec ces mots que Nadir Laaouina résume l'expérience vécue avec ses camarades : étudier l'histoire du Struthof, camp nazi sur le sol de l'Alsace annexée. Depuis la rentrée, une trentaine d'élèves de Première tertiaire du lycée professionnel de la Haute-Bruche, à Schirmeck, travaillent sur l'histoire de ce camp dans lequel près de 22.000 déportés ont trouvé la mort . Leur projet s'intégre dans le cadre des rencontres pédagogiques, organisées avec le concours du Mémorial de la Shoah, à Paris. Ce lundi, les lycéens alsaciens y présenteront leur travail à d'autres jeunes, venus de toute la France.

Les élèves qui ont mené ce projet se sont penchés sur un aspect particulier du Struthof : sa chambre à gaz où furent tués 86 Juifs déportés d'Auschwitz. Il s'agissait pour le professeur SS August Hirt de réaliser une collection anatomique. "Ils ont étudié (le sujet) dans le détail, étudié les polémiques sur le nombre, ils ont fait de l’Histoire de façon très intelligente ", explique Sandrine Binckly, professeur de lettres et d'histoire.

Un film entièrement réalisé par les lycéens

L'aboutissement de cette démarche : un film de 13 minutes sur la visite du camp et en particulier des vestiges de cette chambre à gaz. "C’est les élèves qui l’ont réalisé entièrement ", explique Sophie Audollent, professeur de lettres et d'allemand, "ils se sont rendus sur place, ont interviewé une personne qui leur a donné des explications, ils ont filmé, fait la prise de son et le montage ". 

La vidéo, réalisée par dix lycéens, débute par la lecture d'un poème, Bonjour mon frère , d'Eugène Marlot, un déporté du Struthof. Il se poursuit par la visite de la chambre à gaz , avec les explications de René Chevrolet, chargé de l'animation, de la mémoire et du patrimoine du CERD, le Centre européen du résistant déporté, installé sur le site du camp principal. Le film se termine par la reproduction des croquis d'Henri Gayot, un autre déporté, qui a dessiné de façon saisissante la vie du camp et l'horreur de la déportation. 

Certains jeunes entraient pour la première fois dans le camp, bien qu'il ne soit qu'à quelques kilomètres de leur établissement scolaire. "J'ai eu la boule au ventre", témoigne l'un d'entre eux , "on rend des êtres humains comme des animaux ". "Dégoût ", "déprime ", "émotion " sont les mots qui reviennent dans leur bouche. "Je me suis mis dans la peau d'un déporté ", raconte un autre.

Cinq des lycéens alsaciens sont à Paris jusqu'à mercredi , en compagnie d'un professeur, pour participer au séminaire sur la transmission de la Shoah, au Mémorial de la Shoah. Leurs camarades iront mardi au Taps Laiterie à Strasbourg pour rencontrer une rescapée, Renée Geissmann, et assister à une pièce de théâtre, Pour ne jamais oublier, le cabaret Brundibar de Terezin, de Jaromir Knittel et Ghislaine Grillon.  

Le travail des lycéens sur le Struthof : reportage d'Olivier Vogel

> Voir aussi : Y a-t-il une banalisation des extrêmes ?