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Société

Des "migrants de Calais" accueillis en Vendée

vendredi 6 novembre 2015 à 9:11 Par Emmanuel Sérazin, France Bleu Loire Océan

Un premier groupe de migrants est arrivé à Fontenay-le-Comte la semaine dernière. Un autre groupe est attendu cette semaine à la Roche sur Yon. Tous ont déposé une demande d'asile en France.

Jamal a du attendre d'arriver à Fonteny-le-Comte pour être soigné
Jamal a du attendre d'arriver à Fonteny-le-Comte pour être soigné © Radio France - Emmanuel Sérazin

Fontenay-le-Comte, France

Un groupe de 14 Soudanais est arrivé à Fontenay-le-Comte dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Ils sont hébergés au Foyer des Jeunes Travailleurs de la ville. Ils ont accepté cette proposition pour fuir la "jungle de Calais" et ses dangers. Tous ont déposé une demande d'asile en France, et leurs dossiers sont en cours d'instruction auprès de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration. Comme ils sont originaires du Soudan, un pays en guerre, leurs demandes ont toutes les chances d'aboutir. En attendant, ils sont pris en charge par l'AREAMS, qui leur assure le gîte et le couvert.

Reprendre des forces en Vendée

Depuis leur arrivée, ces jeunes hommes n'ont qu'une priorité: reprendre des forces ! Selon les cas, ils ont passé entre trois semaines et deux mois, à survivre dans la "jungle de Calais". Dans le groupe, Jamal est le seul à maîtriser le français, alors il joue le rôle de traducteur entre ses compagnons d'infortune et les travailleurs sociaux. "Le plus important pour nous est de dormir en sécurité. A Calais, chaque nuit, il avait des bagarres ou des agressions". Jamal se souvient notamment de cette nuit, où un Calaisien a volontairement projeté une voiture volée sur une tente occupée: "l'homme s'est enfui aussitôt, nous avons poussé la voiture pour dégager les gens bloqués en dessous. Quand les policiers sont arrivés, l'un d'eux s'est mis à pleurer en disant que ce n'est pas normal de voir ça". Sortis de cette violence quotidienne, les 14 migrants recommencent à dormir la nuit, "dans des chambres individuelles, avec des toilettes..."

Se reposer, et se soigner !

Au-delà de l'épuisement psychologique, ce passage par la jungle calaisienne a aussi laissé des séquelles sur les corps. Après avoir dormi pendant plusieurs semaines sous des tentes de fortune, dans le froid et sous la pluie, la plupart présente de sérieux problèmes respiratoires. Jamal, lui, a été conduit à l'hôpital de Fontenay-le-Comte dès le lendemain de son arrivée. "J'ai été renversé par une voiture, près de la jungle. L'homme s'est enfui. Depuis, ma jambe a beaucoup gonflé, et la nuit, je n'arrivais plus à dormir à cause de la douleur". La radio passée à l'hôpital a livré son verdict: fracture au niveau du genou gauche. Depuis, Jamal porte une atèle, et reçoit un traitement qui lui permet de se déplacer à nouveau, sans se tordre de douleur.

Ces derniers mois, le nombre de migrants errant dans le calaisis a doublé, passant de 3 000 à 6 000. Sur place, la situation sanitaire n'est plus tenable. Alors la Préfecture du Pas de Calais organise le déplacement de ceux qui ont déposé une demande d'asile en France, et qui renoncent à rejoindre l'Angleterre. Comme pour les 14 Soudanais arrivés à Fontenay-le-Comte. Au moins un autre groupe devrait arriver à la Roche sur Yon avant la fin de la semaine.

Que ce soit en arabe, en anglais ou en français, tous livrent le même témoignage à leur arrivée en Vendée. Ecoutez celui d'Adam:

Adam, jeune soudanais, soulagé depuis son arrivée en Vendée