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Des patients font l'objet de moqueries dans un groupe Facebook, l'Ordre des médecins "va intervenir"

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Par , France Bleu

Un groupe Facebook regroupant des médecins fait polémique depuis plusieurs jours car il contient des "propos outrageants et pénalement répréhensibles" envers des malades, selon des représentants de patients. L'Ordre des médecins a promis ce lundi "une analyse juridique" de ces propos.

Un groupe Facebook privé de 11 000 médecins crée la polémique.
Un groupe Facebook privé de 11 000 médecins crée la polémique. © AFP - Sebastian Gollnow / DPA / dpa Picture-Alliance

L'Ordre des médecins a annoncé ce lundi qu'il allait se pencher sur les propos tenus dans un groupe Facebook regroupant des praticiens. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a dénoncé de son côté une "dérive" et des "commentaires horribles". Que contient ce groupe Facebook ? Pourquoi fait-il polémique ? 

Un groupe privé constitué de 11.000 médecins

Baptisé "Le Divan des médecins", ce groupe privé rassemblant plus de 11.000 praticiens a fait l'objet d'un article publié dans l'Obs (article payant) le 5 janvier. Cet article met en lumière des publications se moquant du physique des patients, des photos publiées sans leur consentement sur lesquelles ils sont potentiellement identifiables (y compris des enfants), des remarques sexistes, homophobes ou encore fustigeant les bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle (CMU).

Page d'accueil du groupe Facebook "Le Divan des médecins".
Page d'accueil du groupe Facebook "Le Divan des médecins". - Capture d'écran Facebook

La présentation du groupe est la suivante : "Tout ce qui se rapporte à la profession a vocation à être discuté dans ce cadre confraternel, bien évidemment dans le respect de chacun, le respect du secret médical et la confidentialité des publications". Mais dans les faits, le magazine a relevé des commentaires ou posts qui ne respectent pas du tout cette charte, émanant principalement "d'un noyau dur" d'une vingtaine de personnes, selon un membre du groupe. 

En voici quelques exemples : "Si elle mesure 1m50, c'est déjà une contraception à elle toute seule... Mais faut garder à l'esprit qu'il y a des pervers partout #stigmatisationdesgrosses", à propos d'une femme pesant 100 kilos. Ou encore : "Quand les seins tombent comme ça, je refuse généralement de le voir en consultation". Ou enfin, sous une photo montrant une lésion du prépuce d'un enfant de 14 mois : "Pitain, maintenant j'ai la trique en public, c'est malin".

Un secret médical "fermement respecté", selon l'une des administratrices

Contactée par l'Obs, l'une des administratrices du groupe incriminé a réagi, affirmant que le secret médical était "fermement respecté" dans cet espace d'abord dévolu à l'entraide entre soignants. "Bien sûr, nous n'effectuons pas de vérification systématique pour toute publication, mais nous sommes assez réactifs face aux signalements", a-t-elle expliqué au journal, "il n'y en a pas énormément, globalement le groupe s'autogère correctement".

La ministre dénonce une "dérive", l'Ordre des médecins envisage des suites juridiques

La fédération France Assos Santé, qui regroupe 85 associations nationales de défense des droits des patients, ne l'entend pas de cette oreille et a dénoncé jeudi dernier une "atteinte gravissime" aux droits des malades. "Au-delà de l'aspect abject des propos tenus par des soignants (...), nous soulignerons ici comment ces praticiens ont, en toute impunité, bafoué des droits fondamentaux reconnus par la loi et sont susceptibles d'encourir des sanctions disciplinaires et pénales", a averti la fédération.

"Tant du point de vue déontologique (...) que d'un point de vue légal", les médecins ont "pour obligation de soigner et prendre en charge TOUS les patients, sans jugement, dénigrement ou considération de revenus", a ajouté France Assos, qui réclamait depuis une réaction de la part du Conseil national de l'Ordre des médecins.

"L'Ordre des médecins doit se saisir", a également estimé la ministre de la Santé Agnès Buzyn, ce lundi sur franceinfo. "C'est un enjeu de déontologie, on ne parle pas d'un malade en dehors de la consultation", a-t-elle ajouté.

La réaction de l'Ordre des médecins est intervenue ce lundi (13 janvier). Joint par franceinfo, ce dernier a promis "une analyse juridique" des "contenus effarants" du groupe Facebook.

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