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Dossier : Coronavirus

Des centres spécialisés pour confiner des personnes précaires malades du coronavirus, mais sans gravité

En Pays-de-la-Loire, plusieurs centres d'hébergement spécialisé ont vu le jour. Ce sont des centres destinés à confiner des personnes précaires, malades du coronavirus, mais dont l'état ne nécessite pas d'hospitalisation. Des premiers malades ont été pris en charge.

La Protection Civile gère les CHS de la Mayenne et de la Loire-Atlantique.
La Protection Civile gère les CHS de la Mayenne et de la Loire-Atlantique. © Radio France - Rémy Besson, Protection Civile 53.

Ils sont ouverts depuis une semaine. Des CHS, pour centres d'hébergement spécialisé, ont été créés dans plusieurs départements des Pays-de-la-Loire. Ce sont des centres de confinement pour des personnes en situation précaire, sans abris, migrants et réfugiés, personnes prises en charge dans des structures d'hébergement d'urgence, malades du coronavirus, dont l'état ne nécessite pas d'hospitalisation, mais qu'il faut confiner pour éviter la propagation du virus.

Un confinement de 14 jours

En Mayenne, le CHS a été installé avenue Pierre de Coubertin à Laval, il est géré par des bénévoles de la Protection Civile, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Rémy Besson est le président délégué de l'association en Mayenne. Il nous explique le fonctionnement de ces centres.

D'où viennent les malades confinés ?

Ces personnes sont repérées par l'équipe sanitaire mobile mise en place par l'Agence Régionale de Santé, qui réalise des visites médicales et paramédicales avec des infirmiers et des médecins. Si le médecin décide que la personne précaire est suspecte du Covid-19, sans gravité, il décide de son admission au centre d'hébergement spécialisé. Une ambulance ira chercher ce patient, et le ramènera au CHS, pour assurer son suivi pendant une période de confinement stricte de 14 jours. Ces personnes ne sont actuellement plus à la rue, elles sont hébergées par les services de l'État, dans des centres d'hébergement d'urgence.

Rémy Besson est le président délégué de l'association en Mayenne.

Comment sont logés et confinés les malades au CHS de Laval, qui compte 18 places ?

Ils sont en possession d'une chambre, avec un lit, des toilettes dans leur chambre, une salle de bain, un accès WIFI, un accès à l'extérieur dans une zone bien définie. On essaie d'avoir une condition de confinement la plus agréable possible. Ces personnes ont une chambre pour prendre leurs repas, qui leur sont apportés tous les jours. Un repas est préparé par le CCAS de Laval (le centre communal d'action sociale), livré chaque jour. Et on a une équipe de réservistes qui s'est portée volontaire pour préparer les repas. Ils ont trois repas par jour.

Rémy Besson est le président délégué de l'association en Mayenne.

Comment est assurée la sécurité des bénévoles au contact des malades ?

Les bénévoles de la Protection Civile ainsi que l'équipe sanitaire mobile entrent dans le bâtiment par un premier SAS d'habillage, une zone où ils vont avoir à leur disposition des charlottes, lunettes de protection, masques, sur-blouses, sur-chaussures, gants. Ils entrent dans la zone contaminée, soit pour porter le repas, soit pour faire une levée de doute, étant donné que les chambres sont équipées d'une alarme. Chaque patient a à disposition un boitier avec une sonnette, ce qui nous permet d'être contactés par les patients en cas de problèmes. Donc nos bénévoles pourront rentrer équipés à l'intérieur de cette zone.

Rémy Besson est le président délégué de l'association en Mayenne.

Les malades sont-ils suivis par des médecins pendant leur confinement ?

Il y a un suivi médical qui est réalisé par l'équipe mobile sanitaire mise en place par l'Agence Régionale de Santé, une visite d'un infirmier deux fois par jour, matin et soir avec prise de température, et la visite médicale programmée le lundi et le vendredi, d'un médecin de cette équipe mobile. En cas de besoin le médecin peut se déplacer sur le site. En cas d'urgence vitale, nos bénévoles appelleront le 15. Nos secouristes sont formés, on a mis en place notre matériel de secourisme, tout le dispositif pour intervenir en premiers secours, dans l'attente de l'avis médical du médecin du SAMU. En cas d'urgence vitale, nos équipes réaliseront les premiers gestes d'urgence.

Rémy Besson est le président délégué de l'association en Mayenne.

Vos êtes formés au secourisme, mais cette mission sort de l'ordinaire ?

Elle est totalement différente. Le premier aspect c'est de travailler avec des équipements de protection, c'est une habitude à prendre, s'habiller, se déshabiller, respecter les mesures barrières au sein du site. C'est aussi un gros changement, par l'aspect psychologique de nos équipes, étant donné qu'on rentre à l'intérieur d'une zone contaminée, avec en face des patients malades.

Rémy Besson est le président délégué de l'association en Mayenne.

Un premier malade est actuellement confiné au CHS de Laval.

La Protection Civile mobilisée également en Loire-Atlantique

Cet aspect psychologique est également souligné par Nicolas Bertet, vice-président de la Protection Civile de la Loire Atlantique, en charge de la communication. La Protection Civile 44 gère également un CHS, à Saint-Aignan de Grand Lieu. C'est un centre de vacances de 48 chalets, deux malades y sont actuellement confinés.

"Ce qui est un peu nouveau c'est cette proximité immédiate avec les malades, forcement il y a une prise de risque plus importante que sur un poste de secours. Nos bénévoles mobilisés sur ces missions connaissent et prennent conscience de leur responsabilité et de leur engagement. Ces personnes ont besoin d'assistance et d'attention, elles doivent être protégées du virus et de la contagion".

Nicolas Bertet, vice-président de la Protection Civile de la Loire Atlantique.

"Nos bénévoles sont tous protégés, il y a une sur-blouse, des protections visuelles, des protection au niveau de la bouche et du nez, et des gants. On est un peu les yeux et les oreilles des médecins et des infirmiers qui travaillent en collaboration avec nous. On va être là pour surveiller l'évolution comportementale et médicale, on tient un rapport complet de ce qui se passe heure par heure, comme par exemple une augmentation de fièvre ou des céphalées plus durables. On n'est pas des médecins, on est des bénévoles, on prend simplement les constantes et on fait nos rapports aux médecins et infirmiers".

Nicolas Bertet, vice-président de la Protection Civile de la Loire Atlantique

"En complémentarité de cette mission, on assure la surveillance de deux hôtels sur Saint-Herblain, d'hébergement d'urgence. Les médecins et les infirmiers vérifient les constantes. Dès qu'un cas semble décelé, en fonction de la gravité, soit on l'oriente vers un circuit classique, à l'hôpital, en cas de gravité, sinon vers l'hébergement de Saint-Aignan de Grand Lieu".

Nicolas Bertet, vice-président de la Protection Civile de la Loire Atlantique

Des CHS également créés en Sarthe et Maine-et-Loire

Au total en France, 40 CHS ont été créés, d'une capacité de 1300 places, gérés par des associations. Des CHS ont ainsi ouvert dans la région Pays-de-la-Loire :

  • En Mayenne à Laval, avenue Pierre de Coubertin : 18 places, un premier malade confiné.
  • En Loire Atlantique à Saint-Aignan de Grand Lieu : 48 places, deux malades confinés.
  • En Sarthe, au Gué-Bernisson au Mans : 10 chambres, avec une capacité d'accueil d'une trentaine de personnes (les chambres peuvent accueillir des familles, jusqu'à quatre personnes), 10 douches et 10 toilettes au total. Ce CHS est géré par l'association Tarmac.
  • Dans le Maine-et-Loire à Angers, dans les hébergements Ethic Etapes au lac de Maine : 40 chambres, un CHS géré par la Protection Civile, la Croix Rouge et le Centre Francais de Secourisme. Un malade a déjà été pris en charge.
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