Société

Bordeaux : des photos et des mots contre le racisme

Par Pauline Pennanec'h, France Bleu Gironde vendredi 25 mars 2016 à 7:50

Mehdi Katab est venu participer à la discussion sur le racisme
Mehdi Katab est venu participer à la discussion sur le racisme © Radio France - Clémentine Delarue

L'association Boulevard des Potes, dans le quartier Saint-Michel à Bordeaux, expose une cinquantaine de portraits de jeunes Talençais assortis de phrases sur le racisme. A côté de l'expo, des lycéens sont invités à échanger sur le racisme.

Qu'est-ce que le racisme ? Qu'est-ce qu'une discrimination ? Est-ce qu'un "wesh negro" est forcément raciste ? Comment lutter contre le racisme ?

Les questions posées aux élèves de la seconde professionnelle du lycée Charles Péguy (Eysines) sont épineuses et suscitent la discussion entre ces jeunes et les intervenants : un ancien procureur de la République, le directeur de cabinet du préfet, et les membres de l'association "Boulevard des potes", une association de lutte contre les discriminations basée dans le quartier bordelais de Saint-Michel.

Tous les gitans ne jouent pas de la guitare avec Kendji.
— Juan

Le racisme est un plat qui ne se mange pas. 
— Mehdi

Mehdi Katab fait partie des 50 jeunes Talençais à avoir participé  l'expo photo. Il a choisi de faire appel à l'humour pour sa phrase, en forme de proverbe : "Le racisme est un plat qui ne se mange pas". Lui aussi se joint au débat avec les lycéens : "Je ne suis pas venu là pour parler en tant que victime du racisme mais plus pour mettre des pistes de réflexion à des plus jeunes que nous et voir ce qu'ils en pensent. L'idée c'est de dédiaboliser le racisme, leur demander ce qu'ils en pensent, comment ils l'ont vécu, comment le traiter, s'il faut mener un combat contre ça ou s'il n'y a pas de réponse..."

Mehdi Katab est venu ouvrir la discussion sur le racisme

Arabe=musulman=terroriste. Vraiment ?

— Maïssa

Non mes cheveux ne sont pas en mousse.

— Amicia

Les élèves du lycée Charles Péguy sont venus échanger sur le racisme - Aucun(e)
Les élèves du lycée Charles Péguy sont venus échanger sur le racisme - cd

Pour les lycéens de Charles Péguy, cette sortie est une excellente occasion pour aborder ce sujet, dont ils parlent peu entre eux. Germain, 16 ans : "C'est intéressant de voir le point de vue de tout le monde. Je ne pensais pas que les gens touchés par le racisme gardaient tout ça pour eux, je pensais qu'ils extériorisaient. Maintenant je ferai attention avec mes amis. Parfois, j'avais l'impression que c'était affectif, mais maintenant je ferai attention à ce que ça ne déborde pas."

Je ne pensais pas que les gens touchés par le racisme tout ça pour eux, je pensais qu'ils extériorisaient. Maintenant je ferai attention avec mes amis.

— Germain, 16 ans

Germain et ses copains s'aperçoivent que le racisme est souvent dans des mots du quotidien, dans un "wesh négro",  un "sale babtou" ou dans des "C'est du travail d'arabe".

Steven aussi se remet en question : "Il y a beaucoup de gens, par rapport à ce qui s'est passé avec les attentats, qui font beaucoup d'allusions. Du coup, je pense qu'il doit y avoir beaucoup plus de racisme... Moi-même, je charrie un pote, Yacoub, qui est dans la classe, sur l'esclavage... Vu qu'il est noir, parfois on le taquine sur ça. Mais c'est vrai que quand on voit ces images, ça fait réfléchir."

Des photos et des mots contre le racisme, reportage de Clémentine Delarue