Société

Des prêtres des Pyrénées-Atlantiques mettent en cause les méthodes de Monseigneur Aillet

Par Axelle Labbé, France Bleu Béarn et France Bleu Pays Basque jeudi 1 décembre 2016 à 14:33

Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron
Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron © AFP - Iroz Gaizka

Des prêtres des Pyrénées-Atlantiques estiment que leur diocèse est en péril. 60 curés ont signé une lettre adressée aux hautes autorités de l'Église, dans laquelle ils mettent en cause les méthodes de leur évêque, monseigneur Marc Aillet.

Tous témoignent sous couvert d'anonymat. Ce qui pose problème aux prêtres signataires, ce sont d'abord les positions de l'évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, sa remise en cause du concile Vatican II. Le chant grégorien, la vie en communauté, le ton moralisateur des offices ne leur plaît pas. "Vatican II, c'était un bol d'air pour toute une génération de prêtres, raconte l'un d'eux, ceux qui ont aujourd'hui plus de 50 ans. Maintenant les jeunes prêtres s'habillent en soutane, disent la messe en latin et ils ont l'impression d'innover".

Maintenant les jeunes prêtres s'habillent en soutane, disent la messe en latin et ils ont l'impression d'innover - un prêtre signataire

Et cela se ressent aussi chez les futurs prêtres, disent-ils. Au séminaire de Bayonne, beaucoup viennent de l'étranger, ils sont eux aussi beaucoup plus rigoristes. Et une grande partie des prêtres qui les forment a été remplacé ces dernières années, là aussi par des religieux plus proches dans la façon de penser et de concevoir l'église, de Monseigneur Aillet. L'évêque est issu de la communauté Saint-Martin, l'une des plus traditionalistes de l'Église, et il a fait venir dans le diocèse des prêtres de son courant. Certains paroissiens, comme à la paroisse de Biarritz, avaient exprimé leur malaise face à l'arrivée de ce courant de l'église.

Les prêtres signataires s'inquiètent aussi pour les finances du diocèse. Ils racontent que l'évêque a remplacé les prêtres bénévoles, ceux qui géraient par exemple le denier du culte ou les legs, par des laïcs rémunérés. Cela coûte cher, disent-ils, et ils craignent que le diocèse ne se retrouve en faillite. D'où cet appel lancé aux plus hautes autorités de l'Église. Ces prêtres assurent toutefois ne pas demander la démission de Monseigneur Aillet. "On veut du dialogue", expliquent-ils. Une délégation de signataires a rencontré l'évêque le 23 septembre. "Mais on craint que rien ne change", disent-ils.

La lettre a été envoyée au nonce apostolique, qui représente le Vatican en France, à l'archevêque de Bordeaux et à la conférence des évêques de France. Monseigneur Marc Aillet n'a pas donné suite à nos appels. Il aurait proposé aux quatre prêtres qui lui ont remis la lettre qu'elle soit discutée lors des réunions trimestrielles entre les déléguées des prêtres et leur évêque , le conseil presbytériel diocésain. Le prochain est prévu le 13 décembre.

Ce n'est pas la première fois que les méthodes de Marc Aillet sont contestées. En février 2016, une pétition avait été lancée par des paroissiens contre lui, après son tweet faisant le parallèle entre la lutte contre Daesh et l'interruption volontaire de grossesse.

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