Société

Des réfugiés en séjour dans les fermes auvergnates

Par Fany Boucaud, France Bleu Pays d'Auvergne mardi 11 octobre 2016 à 16:13

Des réfugiés dans les fermes d'Auvergne
Des réfugiés dans les fermes d'Auvergne - Fany Boucaud

Un accueil social à la ferme. Durant trois jours, une trentaine de personnes, venues de Paris, ont visité des fermes du Puy-de-Dôme. Elles viennent de différents horizons. Ce sont principalement des réfugiés. Un moment de détente et de partage pour oublier les soucis du quotidien.

Les fermes visitées sont situées principalement au Nord de Clermont-Ferrand. Les réfugiés sont aidés par l'Armée du Salut et l'association Aurore dans leurs démarches administratives. Mais elles leurs proposent également des séjours en dehors de la capitale, entre 10 à 15 jours.

Visite d'un rucher - Aucun(e)
Visite d'un rucher - Fany Boucaud

Et avant les longs séjours, certains viennent profiter de quelques jours en campagne. Trois exactement pour découvrir les fermes. Un rucher par exemple. Chez Louis Rougier, apiculteur. Il fabrique du miel de toutes fleurs avec ses 80 ruches. Et son métier passionne les personnes présentes. Comme Allassane, un réfugié malien. Il est en France depuis 2 ans. Et retrouver un peu d'air frais et des champs à perte de vue lui fait beaucoup de bien.

Allassane, réfugié malien et heureux dans les champs - Aucun(e)
Allassane, réfugié malien et heureux dans les champs - Fany Boucaud

"J'étais militaire là bas. J'ai arrêté avant la guerre et j'ai fui. Ça me fait beaucoup de bien d'être ici. Je suis plus calme, je commence à me retrouver un peu." Allassane

Un moment de répit dans une vie très précaire

Un peu plus loin, bienvenue au moulin des Rouderons. Michel Schäfer, un allemand installé ici avec sa femme depuis plus de 20 ans, accueille chez lui très régulièrement des personnes en grande difficulté sociale.

Rendez-vous chez Michel et Heidi - Aucun(e)
Rendez-vous chez Michel et Heidi - Fany Boucaud

Michel fait partie des fermiers qui accueillent ces réfugiés durant les longs séjours. Logés chez les paysans, ils doivent aussi travailler avec eux. Couper du bois, faire un peu de maçonnerie, s'occuper des bêtes, faire du miel et du fromage...

"C'est un retour au travail qui est bénéfique. On est content et fier de soi après et c'est ce qui importe." Michel

Sa femme, Heïdy, propose de l'équithérapie. Un moyen pour communiquer quand on ne parle pas la même langue. "Brosser le cheval quand certains n'en n'ont jamais vu est déjà un pas vers un univers inconnu", explique Heidi. Puis vient la balade en licol et bien sûr la monte.

Saïd, sa compagne russe et Michel (à gauche) - Aucun(e)
Saïd, sa compagne russe et Michel (à gauche) - Fany Boucaud

Saïd est un Tchétchène. Ancien journaliste, il a dû quitter son pays. Il n'avait pas revu de cheval depuis 20 ans. Un plaisir incroyable pour lui.

Et pour d'autres, c'est un déclic... Comme Mireille qui vient du Congo. Après avoir habité l'Afrique du Sud, elle voulait partir en Angleterre mais a été arrêtée à la frontière à cause d'un passeport trop vieux. Elle est tombée amoureuse de la région et aimerait y faire vivre ses enfants, restés en Afrique.

Pour Corinne Mellet, ces séjours sont très importants. Elle travaille à la CIVAM Auvergne, le centre d'initiative pour valoriser l'agriculture et le milieu rural. Depuis quelques années, le centre travaille avec l'Armée du Salut et Aurore pour faire venir les plus démunis pour une coupure dans une vie difficile :"Ce retour au travail progressif est un pas vers une nouvelle vie et une aide précieuse dans notre travail".

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