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Société

Des salariées des Aubépines s'inquiètent pour leur avenir à la Clinique de Dieppe

mardi 4 décembre 2018 à 20:39 Par Flavien Groyer, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Réunies ce mardi en conférence de presse, une dizaine de salariée de la clinique des Aubépines lance un appel à la direction. Elles veulent être davantage informées sur l'avenir de la clinique.

Les salariées de la clinique des Aubépines ne se sentent pas assez informées par la direction
Les salariées de la clinique des Aubépines ne se sentent pas assez informées par la direction © Maxppp - Lionel VADAM

Dieppe, France

La Clinique des Aubépines est mal en point. Elle est en redressement judiciaire depuis le vendredi 30 novembre. En cause ? La fermeture provisoire de la maternité par l'Agence Régionale de Santé (ARS) pour manquements à la sécurité et à la qualité. Ce service représente 55% de l'activité de la Clinique. Aujourd'hui, les salariées se sentent mises de côté par les dirigeants de la Clinique et veulent en savoir plus sur leur avenir très incertain au sein de l'entreprise. 

"Un manque de reconnaissance"

Ce sont neuf salariées tracassées par la présence des médias que nous avons rencontrées. "On a peur que ce qu'on dise se retourne contre nous" nous assurent elles. Preuve du climat tendu au sein de la Clinique.

L'annonce du redressement judiciaire leur a été annoncé par mail. Une première incompréhension. Certaines disent même ne pas l'avoir reçu. "D'autres salariées ont demandé une réunion à la direction pour avoir plus de détails, on nous a répondu que tout était dans le mail" ajoute une sage-femme. Sauf que ce mail ne semble pas suffire. "On ne sait pas si c'est un moyen d'organiser le licenciement économique" s'inquiète cette infirmière. 

Autres incertitudes pour les salariés : le paiement du salaire. Le redressement judiciaire a repoussé le versement de leur paye du mois de novembre : "On doit le recevoir aux alentours du 15 décembre" assurent les salariées de la Clinique. Encore une fois, elles ne savent pas si cette paye tombera à cette date. "Ce ne sont que des non-dits, des bruits de couloir, on a rien de formel" s'agace une infirmière. Ce manque d'information dure depuis le début des problèmes financiers de la Clinique : "On apprend tout dans la rue ou dans les médias".

Pour Mathias Dupuis, secrétaire général de l'union locale CGT du territoire Dieppois, le mandataire du redressement judiciaire devrait déclencher les AGS (Régime de Garantie des Salaires) afin que les salariées soient payer tout de suite. Les infirmières et sages-femmes sont unanimes : "On ne sait pas où on va et en cette fin d'année on aimerait pouvoir avancer" 

Un sentiment de délaissement d'autant plus difficile que les salariées assurent qu'elles font tout pour que le service obstétrique soit amélioré et que l'ARS décide de rouvrir la maternité. Mais malgré leurs efforts, elle se sentent mal traitées : "c'est un manque de reconnaissance!". "Les patients ne se rendent compte de rien car on fait bien notre boulot mais c'est difficile" continuent-elles. 

Quel avenir pour les sages-femmes ?

Aujourd'hui à la Clinique des Aubépines, les sages-femmes doivent assister les infirmières : "Je viens au travail pour rien, j'aide mes collègues par ci, par là mais je me sens inutile". Au delà de ce sentiment d'inutilité, les sages-femmes s'inquiètent pour leur avenir au sein de la Clinique. Si le repreneur possible Vivalto rachète la Clinique, elle pourrait devenir seulement un centre de cancérologie. Une "bonne" nouvelle pour les infirmières, une mauvaise pour les sages-femmes qui devront quitter le site. "Je pourrais faire une année d'études pour devenir infirmière mais je ne serais pas sûre d'être embauchée et en plus je n'ai pas envie de tirer un trait sur ma vocation première" explique une sage-femme.

Pour Mathias Dupuis ce redressement judiciaire est la preuve d'une marchandisation de la santé au profit des grands groupes financiers. Il demande aux responsables politiques d'organiser, le plus rapidement possible, une table ronde pour sortir de la crise

Un des responsables de la Clinique des Aubépines assure qu'il n'a pas plus d'informations à donner aux salariées de la Clinique. Selon lui, toutes les données sont entre les mains du mandataire qui gère le redressement judiciaire. Il affirme également qu'aucune réunion n'a été demandé à la direction et assume le mail : "C'était pour aller plus vite, aujourd’hui tout le monde est sur son téléphone"

https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/la-maternite-de-la-clinique-des-aubepines-pres-de-dieppe-fermee-par-l-ars-1542233087