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Des Savoyards toujours mobilisés pour défendre les droits des migrants

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Par , France Bleu Pays de Savoie

Plusieurs dizaines de collectifs et d'associations sont mobilisées dans toute la France, notamment en Pays de Savoie, pour défendre l'accueil des migrants. Une marche arrivera demain samedi à l'Elysée. Dans les Alpes les associations s’inspirent de l'expérience de Briançon, racontée dans un livre.

Manifestation en mars 2018 au col de Montgenèvre pour soutenir un pisteur-secouriste qui a aidé une famille de migrants à franchir le col.
Manifestation en mars 2018 au col de Montgenèvre pour soutenir un pisteur-secouriste qui a aidé une famille de migrants à franchir le col. © Maxppp - Eric Camoin

Défendre l'accueil, la générosité, la fraternité, c'est le but de la marche des sans-papiers partie de plusieurs villes de France et qui arrive à Paris ce samedi. Objectif : l'Elysée. Des représentants des associations savoyardes y seront. "La Savoie est une terre d'accueil et de bienveillance, dit Marc Pascal, bénévole à Chambéry. Il dénonce "une pluie d'OQTF de la préfecture" (NDLR: Obligation de quitter le territoire français),"inutiles et dangereux".   

Les associations militent pour donner aux sans-papiers la possibilité de travailler "pour que la politique migratoire soit plus humaine et moins coûteuse". Dans les Alpes l'expérience de Briançon est régulièrement citée. L'accompagnatrice en montagne Stéphanie Besson, co-fondatrice de l'association "Tous migrants" raconte dans un livre ("Trouver refuge", aux éditions Glénat), ce que des citoyens font depuis dix ans dans les Hautes-Alpes pour accueillir ceux qui traversent les Alpes. 

Dans ce livre vous donnez un visage aux migrants, vous racontez le parcours de  ceux que vous avez croisés. Certains sont revenus vous voir pour vous remercier ?

C'est un livre qui raconte l'histoire du territoire briançonnais mais ça va au-delà puisque tout le département des Hautes-Alpes s'est investi pour accueillir. Pour deux raisons : déjà, Briançon a été ville d'accueil à la suite du démantèlement des centres de Calais et de la Porte de la Chapelle à Paris. Des migrants sont arrivés par bus. Et puis d'autres exilés sont arrivés à pied par les cols les plus accessibles entre la France et l'Italie :  le col de l'Echelle au début, où il y a eu deux hivers très froids avec beaucoup de neige. Et le col de Montgenèvre, qui est un des cols les plus bas, donc plus accessible à pied. Il y a aussi eu des tentatives plus au nord des Alpes; mais l'accès est beaucoup plus difficile à cause du tunnel du Fréjus. 

L'hospitalité sur un territoire, ça apaise, dit Stéphanie Besson, accompagnatrice en montagne et auteur de "Trouver refuge"
L'hospitalité sur un territoire, ça apaise, dit Stéphanie Besson, accompagnatrice en montagne et auteur de "Trouver refuge" - Glénat Editions

Vous avez demandé à plusieurs intervenants du Briançonnais de raconter ce qu'ils ont vécu...

Ce n'est pas moi qui ai proposé le livre. On m'a demandé de raconter l’accueil, l'hospitalité et ces passages de frontière qui parfois se terminent par des morts ou des amputations. C'est une aventure collective depuis cinq ans. Je raconte comment c'est possible d'arriver à un territoire apaisé alors qu'on a accueilli plus de 10 000 personnes sans aucun acte de délinquance, alors que Briançon c'est 12 000 habitants. Je raconte comment on arrive à une situation digne et apaisée en étant lieu d’accueil et d'hospitalité. C'est un ouvrage de mémoire collective pour le territoire. Une partie des ventes ira à l'association "Tous migrants", un des nombreux acteurs associatifs sur place..

Est-ce que l'accueil rend les choses moins compliquées aujourd’hui pour un migrant qui arrive dans les Hautes-Alpes ?

Il y a plus de police, plus de traque à l'homme, ça c'est sûr, mais des gens qui veulent passer y arrivent toujours quand ils sont en désespoir ou qu'il luttent pour leur vie. On est désormais soutenu par Médecins du Monde qui fait des maraudes avec nous en montagne, parce que ça relève de l'assistance à personne en danger. Médecins du Monde apporte cette expertise sanitaire, ce qui fait que dans certains cas c'est plus facile de mettre à l'abri. Et puis Le Conseil constitutionnel a acté que la fraternité est un droit. La fraternité, c'est ce qu'on fait. Donc il y a des choses qui bougent. Mais administrativement c'est de plus en plus dur pour les exilés. Il y a des gens qui ont demandé l'asile il y a cinq ans, et ils attendent toujours la réponse.  

Vous aimeriez que les lecteurs se disent quoi en refermant votre livre ?

Ce livre c'est une démonstration que l'accueil et l'hospitalité ça apaise. Si on n'accueille pas ces personnes, elles vont rester à la rue, elles n'auront pas d’argent, mais il faut bien qu'elles mangent, qu'elle dorment. L'hospitalité, ça rend tout le monde digne, ça c'est notre expérience de cinq ans d’accueil, sans aucun acte de délinquance lié à leur présence.  Il faut juste prendre le problème dès le début. Parce que, quand on en est à des centaines de personnes dans la rue, c'est trop tard.

  • « Trouver refuge », de Stéphanie Besson, aux éditions Glénat.
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