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Des scientifiques lancent une étude pour évaluer l'impact du retour à l'entreprise après le télétravail

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Par , France Bleu

Après le confinement provoqué par le coronavirus, le travail va reprendre progressivement dans les entreprises. Un changement pour les salariés qui étaient en télétravail. Des chercheurs en neurosciences veulent mesurer l'impact du retour au bureau sur les ressources cognitives des salariés.

Un flacon de gel hydroalcoolique dans les bureaux d'une entreprise.
Un flacon de gel hydroalcoolique dans les bureaux d'une entreprise. © Maxppp - Thierry GACHON

Si 41% des salariés et des entreprises pratiquaient le télétravail en mai 2020 selon Anne-Sophie Godon-Rensonnet, directrice de l'innovation à Malakoff Humanis dans son baromètre annuel consacré au sujet, les salariés ont été invités à reprendre le travail dans les entreprises.

Bruno Le Maire s’est d'ailleurs exprimé à ce sujet, lundi, au lendemain de l’allocution d’Emmanuel Macron. Pour le ministre de l'Economie, le télétravail "reste souhaitable dans la mesure où ça permet d'avoir une reprise progressive et de limiter la circulation du virus", mais c'est une solution "transitoire" qui "n'est pas la panacée", a-t-il estimé.

Pour le ministre, "la reconstruction économique est la priorité absolue nationale des prochains mois". Il faut donc "inciter les entreprises à reprendre l'activité".

Pour évaluer l’impact du retour à l’entreprise pour les salariés en télétravail pendant le confinement, des chercheurs en neurosciences lancent une enquête en ligne. Une étude qui doit permettre de mesurer précisément l’impact des nouvelles formes d’organisation du travail sur les ressources cognitives des salariés. 

"Nous voulons évaluer l'ensemble des ressources cognitives entre la fin du confinement et maintenant et aussi évaluer les différents modes de reprises d'activités" explique Gaetan de Lavilléon à l'origine de cette enquête. Il a fondé avec d'autres scientifiques Cog’X, une agence d’études en sciences cognitives qui conseille et accompagne les organisations avec l’ambition de réconcilier développement et bien-être au travail.

"Certains salariés retournent au bureau une ou deux fois par semaine, d'autres, la semaine entière, certains par roulement. Pour d'autres le télétravail est toujours de mise" précise ce docteur en neurosciences intégratives et cognitives. Pour lui, tout cela risque de "changer les conditions de travail et pourrait avoir des incidences sur la santé des salariés". "Ces mode hybrides" pourraient "impacter notre état de fatigue, d’isolement ou notre collaboration avec nos collègues". 

Les résultats de l'étude seront rendus publics d’ici la fin du mois.

"Attention à la romantisation du télétravail"

Malgré son expérimentation brutale et forcée, et des conditions de télétravail très inégales, le télétravail reste souvent plébiscité. 

Selon le groupe de protection sociale paritaire et mutualiste Malakoff Humanis, salariés comme dirigeants d'entreprise estiment que le télétravail permet plus d'autonomie pour 88% des salariés interrogés, et "plus d'efficacité" disent "neuf salariés sur dix et sept dirigeants sur dix". 

Christophe Nguyen, psychologue du travail et président co-fondateur du cabinet Empreinte Humaine met tout de même en garde. Il a réalisé trois enquêtes sur la "détresse psychologique" des travailleurs pendant le confinement.

27 % des télétravailleurs voient le télétravail comme "une contrainte en tant que telle", dont "72% sont en détresse psychologique". "39% des télétravailleurs" se sentent isolés et "53% veulent plus de règles de fonctionnement, ce qui est un vrai enjeu d'encadrement", souligne-t-il.

Pour Gaetan de Lavilléon il faut faire attention à "la romantisation du télétravail. De manière prolongée, ça n'est pas anodin". 

S'il permet une plus grande autonomie, le travail à distance peut entraîner une surcharge et une hyperconnexion. Le risque c’est d’avoir "une explosion des sollicitations digitales" expliquait déjà pendant le confinement le docteur en neurosciences Gaetan de Lavilléon.

D'ailleurs, avant la fin du confinement, les chercheurs de Cog’X, avaient eux aussi lancé une première évaluation des ressources cognitives des salariés en télétravail prolongé. Une étude qui a permis de révéler de fortes disparités entre les salariés sur le plan de la charge mentale, de l’anxiété ou de la lassitude. 23% des participants à l'enquête avaient indiqué être dans un état défavorable de ressources cognitives et sociales. 

Les outils digitaux étant devenus le moyen principal de collaborer à distance, l’hyper-sollicitation arrive en tête des freins ressentis par les collaborateurs dans leur activité montre l'étude. Avec le télétravail continue, l'enquête révèle aussi une réduction des temps de récupération et une augmentation des risques de fatigue mentale, causées par le manque d’interactions sociales et de pauses dans la journée.

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