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Des "traitements indignes" au CHU de Saint-Étienne pointés par le contrôleur général des lieux de privation de liberté

Saint-Étienne, France

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté épingle le CHU de Saint-Étienne. Ses recommandations, publiées ce jeudi, évoquent des "traitements indignes" dans l'accueil de patients hospitalisés pour des raisons psychiatriques, conséquence d'un "dysfonctionnement structurel".

Un des bâtiments du CHU de Saint-Étienne.
Un des bâtiments du CHU de Saint-Étienne. © Radio France - ER

Des personnes qui se retrouvent attachées au sein des urgences générales alors qu’elles étaient venues d’elles-mêmes à l’hôpital pour un problème psychiatrique, des patients bloqués plusieurs jours sans pouvoir se laver, ni se changer...

"Ce dysfonctionnement majeur de la prise en charge des patients relevant de la psychiatrie aux urgences générales nécessite de mettre immédiatement un terme aux traitements indignes observés", écrit Adeline Hazan dans ses recommandations en urgence, publiées ce jeudi 1er mars au Journal officiel concernant le Centre hospitalier universitaire de Saint-Étienne.

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté parle aussi de "traitement inhumain ou dégradant".

En fait, le service de psychiatrie ne comporte que cinq à six places pour accueillir les urgences. Les personnes arrivant au CHU de Saint-Étienne pour le traitement de maladies mentales ou de troubles psychologiques doivent du coup attendre aux urgences générales. 

Attachés sans raison

Quand les contrôleurs sont passés, durant la semaine du 8 au 15 janvier, vingt personnes étaient dans ce cas, la plupart sur des brancards dans le couloir. Sept patients avaient les pieds voire les mains attachés, alors que ces personnes n'étaient pas agitées et ne présentaient pas plus de danger pour eux ou les autres. "Toute privation de liberté est attentatoire aux droits fondamentaux ; aussi tout doit être mis en œuvre pour apaiser la personne en situation de crise avec des approches alternatives à une mesure de contrainte physique", rappelle Adeline Hazan.

Habituel depuis octobre 2017

Au minimum, ces personnes attendaient une place en psychiatrie depuis quinze heures, certaines depuis une semaine sans avoir pu se doucher, ni se changer, ni utiliser leur téléphone portable. "À ce point-là, c’est du jamais vu, d’où mes recommandations en urgence" commente-t-elle. 

Ça se passe comme ça depuis octobre 2017, écrit en substance Adeline Hazan, qualifiant d'"habituel" qu'au moins dix personnes séjournent ainsi dans l'attente d'une place en psychiatrie.

La contrôleur général des lieux de privation de liberté dénonce aussi la banalisation de l'isolement et de la contention dans le service lui-même de psychiatrie, "encore" considéré "comme thérapeutique dans le protocole",  au delà des douze heures légales et prolongé sans avis médical. "D’évidence, cet établissement ne respecte pas la loi de 2016", souligne Adeline Hazan.

Silence inédit du ministère de la Santé 

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté a transmis ses recommandations à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn qui n'y a toujours pas répondu. "Une première depuis trois ans et demi que je suis en poste", souligne Adeline Hazan. 

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