Société

Des vacances sans mails, ni portables : les salariés ont le droit de se déconnecter

Par Loïck Guellec, France Bleu Armorique lundi 10 juillet 2017 à 18:40

Le droit à la déconnexion est inscrit au code du travail
Le droit à la déconnexion est inscrit au code du travail - Maxppp

Le droit à la déconnexion est inscrit dans le code du travail depuis la loi El Khomri. Mais dans les faits, il n'est pas facile de le mettre en place même si de grands groupes, comme Orange, font de réels efforts. Reportage à Rennes.

Les vacances commencent peut-être pour certains d'entre vous.; mais serez-vous complètement déconnectés de vos mails, de votre ordinateur portable ou des réseaux sociaux ? Depuis la loi El Khomri promulguée le 1er janvier dernier, un droit à la déconnexion existe et est inscrit dans le code du travail. Que ce soit le week-end ou pendant les vacances il permet de respecter un équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

L'exemple d'Orange

Dans certaines entreprises, le droit à la déconnexion est inscrit dans un accord conclu avec les syndicats. C'est le cas chez Orange depuis l'an dernier. Les cadres dirigeants comme les managers du groupe donnent l'exemple en s'interdisant par exemple d'envoyer des mails le vendredi soir, des mails auxquels les salariés seraient tenter de répondre durant le week-end. "Un salarié a le droit de profiter de sa vie personnelle" explique Pierre Jacobs directeur régional Bretagne du groupe Orange. "C'est même préjudiciable à sa vie professionnelle si on n'arrive pas à se déconnecter de l'ensemble de ses outils. On l'a affirmé au sein du groupe Orange comme étant un droit intangible et même presque un devoir de se déconnecter" conclut le dirigeant.

Changement de mentalité

Des chartes sur le droit à la déconnexion commencent à se mettre en place dans les entreprises. Mais sans changement de mentalité que ce soit du côté de l'employeur comme du salarié, le droit à la déconnexion aura du mal à être appliqué. "Il ne faut plus que la très grande disponibilité du salarié soit considérée comme un point positif dans l'évolution de sa carrière" explique Maitre Catherine Lemoine, avocate à Rennes et spécialiste du droit du travail. "Il faut aussi que le salarié ait conscience que ce n'est plus un point bloquant dans sa carrière"