Société

Désert médical ? "La médecine générale est le plus beau métier du monde" témoigne une Sarthoise

Par Marie Mutricy, France Bleu Maine jeudi 26 janvier 2017 à 9:02

Mathilde Voinchet interne et sa maître de stage, le Docteur Cécile Angoulvant devant la maison de santé de Brûlon qui compte 17 professionnels de santé.
Mathilde Voinchet interne et sa maître de stage, le Docteur Cécile Angoulvant devant la maison de santé de Brûlon qui compte 17 professionnels de santé. © Radio France - Marie Mutricy

Difficile de trouver un médecin en Sarthe, manque de spécialistes, département peu attractif... Et pourtant, à Brûlon, 17 professionnels de santé travaillent dans la même maison de santé. Et l'une des cinq médecins en est persuadée : elle fait "le plus beau métier du monde". Portrait.

Alors que quatre généralistes sur dix ont soixante ans et plus en Sarthe, et que les patients ont des difficultés à trouver un médecin traitant dans notre département, des solutions existent pour améliorer la situation. Exemple à Brûlon où la maison de santé accueille 17 professionnels de santé : des infirmiers, un kiné, une psy, une sage-femme, un orthophoniste... et cinq généralistes ! Des maisons de santé où les internes - les étudiants en médecine - viennent faire des stages et découvrent "le plus beau métier du monde". Portrait croisé d'une interne et de sa maître de stage, le Docteur Cécile Angoulvant.

Le portrait des docteurs Cécile Angoulvant et Mathilde Voinchet

LES CHIFFRES - La Sarthe compte actuellement 14 maisons de santé, et 5 projets sont en cours (Sablé-sur-Sarthe, La Flèche, Ecommoy, le Grand-Lucé, la Ferté-Bernard). Le département compte également 4 centres de santé, où les médecins sont des salariés, à Connerré, Fresnay-sur-Sarte, Saint-Cosme-en-Vairais, et la Ferté-Bernard. Un centre de ce genre devrait ouvrir en septembre au Mans à Saint-Martin de Pontlieue.

Une vocation

La particularité de la médecin et de son interne, c'est qu'elles ont le même âge. Mathilde Voinchet a eu un premier métier : responsable de communication dans un grand établissement culturel parisien. "Je m'ennuyais dans ce que je faisais et j'avais ce vieux rêve d'enfant d'accoucher les femmes, d'être sage-femme". Du rêve à la réalité, Mathilde Voinchet a repassé un bac, étudié pendant des années, fait des centaines d'heures de stage. Tout ça avec enfants et conjoint à Angers.

Dans trois mois, après ces quinze années de laborieux travail, je serais quasiment à la fin de mon parcours. Il me restera à boucler ma thèse. Les stages en ambulatoire chez le praticien sont à la hauteur de mes espérances et je pense que je vais être très heureuse de pratiquer ce métier.

Le travail collectif, c'était aussi l'objectif de sa maître de stage, Cécile Angoulvant, installée à Brûlon en 2004 : "Quand je suis passé dans mes différents stages je me suis dit 'ah je ferais bien urgentiste'". Et puis après un stage en psychiatrie 'c'est pas mal psychiatre', et puis après un stage en cardiologie, et puis un stage en chirurgie maxillo-faciale, toujours le même engouement. Cécile Angoulvant a fini par réaliser qu'elle voulait devenir médecin généraliste.

Ça permet de rencontrer les gens chez eux et puis dans leur globalité. On n'est pas sur un organe. On accompagne non pas une maladie mais une personne. Et ça c'est quand même, à mon avis, un des plus beaux métiers du monde - Cécile Angoulvant

La force de la maison de santé

Mais pas question de pratiquer seule. En 2004, Cécile Angoulvant s'est installée avec un médecin qui "en avait marre de travailler de 7 heures à 22 heures". Douze ans plus tard ils sont dix-sept... Cinq généralistes, des infirmiers, une psy, un kiné, une orthophoniste. Et les internes : "Nous sommes trois maîtres de stage [à Brûlon]. Il y a du passage, c'est stimulant aussi (...). C'est important pour nous aussi, parce que de former, ça aide à se former [soi-même]". Et c'est une piste pour que de nouveaux médecins s'installent chez nous. Les zones où les internes font des stages sont aussi les zones où ils reviennent ensuite pratiquer.