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Société

Désertification médicale : il y a urgence en Dordogne

jeudi 24 novembre 2016 à 20:06 Par Fanette Hourt, France Bleu Périgord

L'assurance maladie de Dordogne tire la sonnette d'alarme ! Le département souffre de désertification médicale. Rien de nouveau, mais puisque les parlementaires sont en train d'examiner le projet de loi de financement de la sécurité sociale, c'est l'occasion d'agir pour la CPAM.

63 % des médecins généralistes de Dordogne ont plus de 55 ans.
63 % des médecins généralistes de Dordogne ont plus de 55 ans. © Maxppp - Maxppp

Dordogne, France

Les parlementaires examinent en ce moment le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour l'année 2017. Dans le même temps, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé ce jeudi un relèvement généralisé du nombre de médecins à former, le fameux numeros clausus, avec 478 places supplémentaires, soit une augmentation de 11% s'ajoutant à la hausse décidée il y a un an pour certaines régions.

L'assurance maladie et plusieurs organisations de Dordogne qui la soutiennent, notamment l'union départementale des associations familiales et certains syndicats, tapent du poing sur la table. Ils ont même écrit une lettre aux députés et aux sénateurs pour leur demander de prendre en main le problème de la désertification médicale. "Il n'y a pas assez de médecins pour couvrir l'ensemble des besoins du département", explique sans détour le président de l'assurance maladie de Dordogne, Luc Cadillon.

Luc Cadillon, le président de l'assurance maladie de Dordogne

Plus qu'un seul médecin de 64 ans à Mareuil

Dans le canton de Mareuil, notamment, il ne reste plus qu'un seul médecin pour plus de 1 500 assurés, et ce médecin est âgé de plus 60 ans. "Il faut le féliciter de rester en activité comme cela et de répondre aux besoins, mais cela pose des problématiques", ajoute Luc Cadillon.

Malheureusement, il ne s'agit pas du seul canton en souffrance : dans trois cantons, il n'y a que deux médecins, à Salignac-Eyvigues, Villefranche-du-Périgord et Sainte-Alvère. Dans huit autres cantons, ils ne sont que trois. C'est le cas à Excideuil, Carlux, Villamblard et Monpazier par exemple. Il s'agit bien souvent de professionnels vieillissants, et qui approchent de l'âge de la retraite.

Répartition des médecins généralistes par classes d'âge. - Radio France
Répartition des médecins généralistes par classes d'âge. © Radio France - Assurance maladie - DR

La conséquence : les assurés vont moins chez le médecin. 14 % d'entre eux n'ont pas déclaré de médecin traitant en Dordogne, ce qui représente 28 000 personnes. Certes, cela ne signifie pas que ces personnes ne vont jamais se faire soigner. Mais cela prouve bien qu'il y a un problème d'accès aux médecins. A Bussière-Badil, Saint-Aulaye ou Salignac, près d'un habitant sur quatre qui n'a pas de médecin traitant. C'est même un assuré sur cinq dans le centre-ville de Périgueux.

Densité des médecins généralistes. - Radio France
Densité des médecins généralistes. © Radio France - Fanette Hourt

Changer les règles d'installation des médecins

La solution pour Luc Cadillon, c'est de changer les règles d'installation des médecins. "Les infirmiers, les pharmaciens, les kinés sont encadrés. Pourquoi pas les médecins ?" s'étonne-il.

"Les conditions d'installation des médecins sont complètement libres, c'est une profession libérale, donc il n'y a aucune demande de responsabilisation", explique Luc Cadillon. C'est pour cela, selon lui, qu'il faut des lois, des solutions nationales, qui inciteraient les médecins à s'installer dans certains secteurs plutôt que d'autres.