Société

Désespoir pour les jeunes migrants de Grambois, beaucoup n'iront pas en Angleterre

Par Aurélie Lagain et Jérémy Marillier, France Bleu Vaucluse lundi 19 décembre 2016 à 10:57

Jeunes migrants (illustration)
Jeunes migrants (illustration) © Maxppp - Harry Ray Jordan

Très peu des 50 adolescents migrants hébergés en Luberon pourront rallier l'Angleterre. Beaucoup sont désespérés, certains avouent penser à se suicider.

C'est un cri de détresse que lancent les migrants de Grambois: Depuis un mois et demi maintenant, 50 adolescents originaires d'Erythrée sont arrivés dans un centre de vacances du village du Luberon. Ils doivent y rester jusqu'à la fin février.

Ils viennent tous de la Jungle de Calais où ils n'avaient qu'un rêve en tête : rejoindre l'Angleterre... Mais les autorités britanniques n'ont donné d'autorisation qu'à une dizaine d'entre eux.

Ils sont là à Grambois de manière provisoire. Des associations les aident au quotidien. Dimanche, ces migrants sont allés voir un match de foot d'une équipe de jeunes de la Tour d'Aigues.

"On nous avait promis qu'on irait en Angleterre !"

Ce devait être un moment convivial, une rencontre avec les habitants. Mais ces jeunes étaient moins préoccupés par les prouesses footballistiques que par leur avenir, par cette Angleterre qu'ils veulent toujours rejoindre à tout prix.

L'un d'eux explique : "En allant à Grambois, on nous avait promis qu'on irait en Angleterre après. Mais ils n'ont pas tenu cette promesse." Il ajoute :"Ici, on n'a pas de famille, on a rien. On ne sait pas quoi faire, on n'a nulle part où aller, on a besoin d'aide. On pense faire une manifestation, mais de toute façon personne ne peut nous aider"

"Certains veulent se suicider"

Beaucoup ont l'impression d'être des fantômes qu'on n'écoute pas. Eux aussi disent avoir de la famille en Angleterre. Ils ne comprennent pas qu'on les empêche de partir : "Mon frère est au Royaume Uni ! Ma famille me manque, ça fait 14 ans que je n'ai pas vu ma famille !"

Pour certains, c'est le désespoir : "Certains à Grambois veulent se suicider", un autre évoque les longues journées sans but, sans vision : "Il y en a beaucoup qui passent leur journée à dormir pour oublier". Pour cet autre, Grambois est "sa prison: Manger, dormir, manger, dormir, et puis c'est tout".

Ces jeunes peuvent rester en théorie jusqu'à la fin février à Grambois. Après ? Personne n'a de réponse.

"C'est une bonne expérience pour tout le monde" - Alain Astier, président du club de football, invite les jeunes migrants aux entraînements

En attendant, associations et particuliers se mobilisent auprès de ces jeunes. Ils peuvent notamment jouer au football : Entrainements deux fois par semaine avec les jeunes du club qui leur prêtent les chaussettes, les shorts, les maillots pour jouer.

"Il y a une intégration qui est super. Nos joueurs sont hyper ravis, ils sont demandeurs", précise Alain Astier, président de l'UST, le club de la Tour d'Aigues. "Nous ont fait ça dans un seul but : qu'ils puissent sortir de leur centre et avoir des contacts avec des jeunes de leur âge. Il n'y a pas de politique."