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Société

Deux Cagnoises refusent de retirer le drapeau français de leur balcon

lundi 8 février 2016 à 6:22 Par Maud De Bourqueney, France Bleu Azur et France Bleu

Deux habitantes de Cagnes-sur-Mer refusent d'obéir au syndic de leur immeuble qui leur demande de retirer le drapeau français accroché à leur balcon depuis les attentats du 13 novembre. La raison ? Ils modifieraient l'aspect de la façade.

Le syndic demande à deux Cagnoises de retirer leur drapeau
Le syndic demande à deux Cagnoises de retirer leur drapeau © Radio France - Maud de Bourqueney

Cros de Cagnes, Cagnes-sur-Mer, France

Arlette, 76 ans, et Anne-Marie, 72 ans, sont voisines. Elles vivent dans la résidence Merryland II, au Cros de Cagnes, à deux pas de la plage. Arlette est au troisième, Anne-Marie au quatrième. Toutes deux sont amies et quand François Hollande a invité les Français à rendre hommage aux victimes du 13 novembre, elles n'ont pas hésité.

Comme beaucoup, elles ont installé un drapeau bleu blanc rouge à leur fenêtre - un pavillon pour être précis. 

"C'est de la solidarité avec toutes ces personnes qui ont été tuées pour rien et ces  personnes qui resteront  blessés à vie." (Anne-Marie)

Et puis, c'est discret, nous assure Arlette : "C'est aussi joli qu'un bouquet de fleurs !"

Arlette (à gauche) et Anne-Marie (à droite) - Radio France
Arlette (à gauche) et Anne-Marie (à droite) © Radio France - Maud de Bourqueney

Dans son salon, Arlette montre alors une lettre du syndic J&E Noailly datée du mercredi 3 février. Anne-Marie a reçu la même. Il leur est demandé de retirer le drapeau français de leur balcon, rappelant qu'il est interdit de "modifier l'aspect" de la façade. C'est le choc. 

Arlette s'étonne d'ailleurs de la précision, "ce qui veut bien dire qu'il y a une antipathie profonde pour le drapeau français sinon ils auraient marqué drapeau tout court !"

"Ce n'est pas parce que deux mois sont passés à peine qu'il faut tout oublier !" (Anne-Marie)

Anne-Marie, fille et petite-fille de militaire, se dit révoltée : "Je suis française, ce sont nos couleurs, ma famille a été décimée en 1914 pour défendre notre liberté, et mon drapeau restera à sa place !"

Elle compare ce geste aux commémorations des deux guerre mondiales. "Ce n'est pas parce que deux mois sont passés qu'il faut tout oublier !" s'énerve-t-elle.

Le pavillon bleu blanc rouge d'Arlette - Radio France
Le pavillon bleu blanc rouge d'Arlette © Radio France - Maud de Bourqueney

Lettres à l'Elysée et à Matignon

Ni une ni deux, Anne-Marie s'est précipitée à la mairie annexe du Cros de Cagnes, la lettre à la main. Là-bas, les fonctionnaires étaient outrés par le geste du syndic. La mairie va donc écrire à François Hollande pour l'interpeller sur cette question. Anne-Marie, elle, a déjà écrit au premier ministre Manuel Valls. Mais les deux dames sont optimistes, elles reçoivent de nombreux soutiens.

"Il était temps de revenir à la réalité et de se conformer au règlement de copropriété." (Eric Noailly, du syndic J&E Noailly)

De son côté, Eric Noailly, l'auteur de la lettre se défend: "Compte tenu des derniers événements nous avons été tolérants et leur avons laissé la possibilité de laisser pendre leur drapeau en façade. Il était temps de revenir à la réalité et de se conformer au règlement de copropriété." Et d'ajouter : "Vous pouvez regarder autour de vous et ne devriez pas voir beaucoup de drapeaux en façade". 

En tout cas, ceux d'Arlette et d'Anne-Marie ne risquent pas de bouger.

Le pavillon bleu blanc rouge d'Anne-Marie - Radio France
Le pavillon bleu blanc rouge d'Anne-Marie © Radio France - Maud de Bourqueney