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Société

Deux mois après la grève des gardiens de la prison de Saran : peu de changements et des retenues sur salaire

vendredi 6 avril 2018 à 16:42 Par Cyrille Ardaud, France Bleu Orléans

Plusieurs surveillants du centre pénitentiaire d'Orléans-Saran ont eu des retenues sur salaire à la suite du mouvement de grève du mois de janvier.

Au centre pénitentiaire d'Orléans Saran (CEPOS), depuis la grève, rien n'a vraiment changé
Au centre pénitentiaire d'Orléans Saran (CEPOS), depuis la grève, rien n'a vraiment changé © Radio France - Cyrille Ardaud

Centre pénitentiaire d'Orléans-Saran

Il y a près de trois mois, les agents pénitentiaires de la France entière se mettaient en grève pour dénoncer leurs conditions de travail. Devant le centre pénitentiaire d'Orléans-Saran, rien ne témoigne désormais de cette semaine de mobilisation. Les barricades de palettes, et les montagnes de pneus ont été débarrassées. Mais à l'intérieur de la prison, la situation est toujours la même. Dans un soupir, Ludovic Grigis, délégué syndical FO confie : "Rien n'a vraiment changé. Il y a toujours autant d'agressions qu'avant."

Une semaine de blocage et de grève pour des agents qui s'estimaient en insécurité, et qui réclamaient plus de moyens humains, du meilleur matériel, et une meilleure rémunération. Le mouvement s'était finalement achevé avec la signature d'un accord entre le syndicat majoritaire (UFAP-UNSA) et la chancellerie. Le texte prévoyait notamment le recrutement de 1.100 nouveaux agents, l'instauration d'une prime de fin d'année, et l'acquisition de nouveau matériel.

En moyenne, entre 150 et 200€ en moins

Si les syndicats affirment attendre toujours que le gouvernement tienne ses promesses, ils s'étonnent en revanche de voir des retenues sur salaire. À la prison de Saran, ils sont une cinquantaine de surveillants à être concernés. En tout, ce sont plus de 300 agents touchés par cette mesure dans la région Centre Val de Loire. En moyenne, sur leur fiche de paie de mars, les gardiens loirétains ont eu des retenues de 150 à 200€.

Pendant longtemps, les ex-grévistes ont pensé que ces retenues n'étaient que des menaces agitées par la direction. Alors forcément quand Arnaud a découvert sa fiche de paie, il a été un peu surpris : "J'ai perdu 220€ net sur mon salaire. On ne pensait pas que la direction irait jusque-là, vu les raisons de notre blocage et de notre mouvement. Et encore, moi je n'ai perdu que quatre jours. J'ai des collègues qui ont perdu cinq ou six jours."

C'est plus rapide de prendre de l'argent aux agents, que de leur en donner

Tous les agents concernés par ces retenues ont reçu il y a quelques jours un courrier, qui récapitule les jours de grève. Sur son bureau, le délégué syndical Ludovic Grigis en a plusieurs dizaines, photocopiées : "Là par exemple c'est un agent qui devait prendre son service à 8h30 le 20 janvier. Vu qu'ils sont rentrés à 10h30, pour l'administration pénitentiaire, le travail est mal fait alors ils retiennent toute la journée."

Ne pas être payé pendant une grève, c'est la règle partout. Mais dans certaines prisons, comme à Saint-Maur, dans l'Indre, un accord a été signé avec la direction pour ne pas que ces sanctions financières ne soient pas appliquées. 

Les syndicats dénoncent également un système à deux vitesses. Ludovic Grigis : "Ce qui nous chagrine c'est que pour prendre de l'argent aux agents, c'est plus rapide que pour en donner. Par exemple, à Saran on a des agents qui depuis janvier 2017 attendent de prendre un grade et un échelon. En revanche, les retenues sur salaire d'il y a deux mois, ça c'est déjà fait."

Les agents pénitentiaires peuvent déposer un recours auprès de l'administration pénitentiaire pour lever ces sanctions. À Saran, les gardiens ne savent pas encore, s'ils le feront.