Société

Deuxième semaine de grève pour des facteurs du Doubs

Par Faustine Mauerhan, France Bleu Besançon mardi 3 mars 2015 à 20:20

grève facteurs Besançon
grève facteurs Besançon © Faustine Mauerhan / Radio France

Depuis lundi 23 février, ils sont une trentaine à avoir cessé le travail. Des facteurs des secteurs de Valdahon, Pierrefontaine-les-Varans, Maîche et Morteau sont en grève, à l’appel du syndicat SudPTT. Ils dénoncent l’augmentation des jours de sécabilité sur leur tournée. C’est le principe d’auto-remplacement des absents mis en place par la Poste pour s’adapter à la baisse du volume de courrier.

Ca sonne comme un gros mot mais la sécabilité c’est le système d’auto-remplacement des absents de la Poste. Certains jours creux, quand il y a peu de courrier à distribuer, neuf facteurs peuvent se partager dix tournées. Cela permet à la Poste de mettre au repos un agent, sans alourdir, en théorie, la charge de travail des autres. Jusqu’ici, sur les secteurs de Valdahon, Pierrefontaine-les-Varans, Maîche et Morteau, les agents faisaient 126 jours de sécabilité. La direction veut leur en imposer 160.

Une heure de travail en plus chaque jour

S’ils sont d’accord sur le principe, « la preuve, on faisait les 126 jours sans se plaindre,  raconte Cédric, facteur à Maîche depuis bientôt dix ans. On a toujours remplacé les collègues malades quand il fallait  », c’est sa généralisation qui les dérange. « Une journée type commence à 7h40 et se termine à 14h. Une journée de sécabilité  commence à la même heure mais se termine à 14h45 au mieux , à 15h le plus souvent  », décrit l’agent du Haut-Doubs. Surtout, d’après lui, dans nos régions rurales et enneigées l’hiver. « On sent la fatigue  », avoue Cédric. Ces quarante jours de sécabilité supplémentaires, ne sont donc pas envisageables pour les grévistes.

Une nécessité vitale pour la Poste

C’est trop pour les facteurs, c’est inévitable pour la direction de la Poste qui explique « dans le département du Doubs, le volume de courrier distribué a chuté de 10%  en un an. La sécabilité nous permet de nous adapter à cette diminution importante, tout en maintenant les structures et les emplois  », indique Guillaume Salomon, le directeur des ressources humaines de la Poste en Franche-Comté. « On est obligé de réagir, sans cela, la Poste, l’entreprise serait dans le rouge et ne pourrait plus payer les salaires .  »

Toujours pas d’accord

Une semaine et demie après le début du mouvement, fin février, les représentants syndicaux ont été reçus une troisième fois par la directrice du centre de tri de Valdahon. Une réunion improvisée après une nouvelle manifestation des grévistes devant la direction régionale de la Poste à Besançon, et vaine. Aucun accord n’a été trouvé. Les syndicats demandent le retour à 126 jours de sécabilité au lieu de 160 prévus désormais. La direction refuse. Les grévistes ont décidé de reconduire le mouvement , malgré les conséquences financières sur leur salaire.