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Diagnostiquée Asperger à 49 ans, cette maman creusoise a trois enfants avec des troubles autistiques

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Par , France Bleu Creuse

Mère célibataire de quatre enfants à Nouzerines, Joelle Tellier a découvert l'an dernier qu'elle était autiste Asperger. Sa fille et deux de ses fils ont également des troubles autistiques. Tous se battent au quotidien pour apprivoiser ce handicap et sensibiliser leur entourage.

Diagnostiquée autiste Asperger à 49 ans, Joelle Tellier s'aide de tableaux et calendriers pour s'organiser au quotidien.
Diagnostiquée autiste Asperger à 49 ans, Joelle Tellier s'aide de tableaux et calendriers pour s'organiser au quotidien. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

C'est un handicap qui ne se voit pas physiquement mais qui concerne 1% des naissances en France, soit 8.000 enfants par an, l'autisme. En ce 2 avril, journée mondiale de sensibilisation de ce trouble du développement du système nerveux, nous avons rencontré une famille creusoise où presque tout le monde souffre de troubles autistiques, y compris la maman, diagnostiquée Asperger l'an dernier.

C'est fatigant de se sentir différents, mais c'est aussi notre force

Joëlle Tellier habite à Nouzerines dans le nord du département, elle vit seule avec ses quatre enfants qui ont entre 12 et 19 ans. Trois d'entre eux ont des troubles autistiques. "Ça fait une famille bien compliquée à gérer", sourit-elle, "c'est fatigant de se sentir différents, mais c'est aussi notre force."

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Diagnostiquée autiste à 49 ans

Joëlle a vécu toute sa vie sans savoir qu'elle était autiste et cela n'a rien d'étonnant puisqu'on estime qu'environ 700.000 personnes en France ont un trouble du spectre de l’autisme. C'est une estimation car seulement 75.000 ont été officiellement diagnostiqués. Selon l'association Autisme France, la moitié des enfants et 10 % des adultes ont un diagnostic correctement posé.

"Petite, on a vu que j'étais dyslexique, mais c'est tout", raconte-t-elle. "J'ai dit au spécialiste 'j'ai l'impression d'avoir un pét' au casque'. Quand il m'a dit l'an dernier que j'étais autiste Asperger, mes épaules sont descendues, j'ai dit 'Ah oui !' J'ai repensé à des situations où j'aurais agi différemment si j'avais su." Grâce à ce diagnostic, elle est accompagnée par le Centre Ressources Autisme (CRA) du Limousin, l'association Réseau Bulle 23, mais aussi des psychologues, des éducateurs, "ça apporte beaucoup car ils connaissent l'autisme, ils sont formés pour ça."

ECOUTEZ - Un diagnostic tardif pour Joelle

L'incompréhension de l'entourage

Dans leur cuisine, il y a des tableaux blancs et des feutres partout, ainsi qu'un grand calendrier plein de couleurs. Joëlle note tous les rendez-vous et les tâches à accomplir car ça l'aide à s'organiser au quotidien. Ce genre de petites astuces, elle les a trouvées grâce à des spécialistes et des associations.

Mais son handicap lui pose souvent problème, notamment quand elle est invitée à manger, "par exemple ma fourchette, des fois ils ne comprennent pas que ça me pose un problème, et je ne vais pas oser le dire de peur de passer pour une casse-couilles."

On me fait des réflexions parce que je ne regarde pas dans les yeux

Les troubles autistiques de son fils Joris, 19 ans, sont aussi mal interprétés en-dehors du cercle familial, "on me fait tout le temps des réflexions parce que je ne regarde pas dans les yeux, on me dit que je m'en fous... Au lycée, quand je en comprenais pas, on me disait que j'étais incompétent, que je ne savais rien faire de ma vie. Du coup, j'ai abandonné, je n'ai pas eu mon CAP."

Depuis, il s'est relevé et il s'accroche, suivi par la Mission locale, il espère commencer une formation d'agent de restauration à la rentrée. Joëlle Tellier se bat aussi pour que ses enfants soient accompagnés au mieux à l'école. Camille, 17 ans, est en classe Ulis et le petit dernier, Corentin, 12 ans, bénéficie d'une AESH, accompagnante des élèves en situation de handicap.

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