Société

Dijon : des citoyens solidaires avec les migrants

Par Véronique Narboux, France Bleu Bourgogne et France Bleu lundi 31 octobre 2016 à 20:43

Cours de français pour les migrants du squat dijonnais de la rue des ateliers
Cours de français pour les migrants du squat dijonnais de la rue des ateliers © Radio France - Véronique Narboux

L'arrivée prochaine de 130 migrants à Dijon, Chevigny-Saint-Sauveur et Athée suscite une nouvelle fois la crainte, voire l'hostilité. Mais il existe aussi des citoyens qui se mobilisent avec bienveillance. Exemple avec les cours de français dispensés gratuitement au squat de la rue des ateliers.

Au squat de la rue des ateliers, 65 jeunes gens vivent dans un ancien hôtel-restaurant aujourd'hui désaffecté. Ils se sont installés en août 2016 après avoir été délogés d'un précédent squat. Mais il en faudrait bien plus pour les convaincre de quitter Dijon, eux qui ont fui la guerre et / ou un régime politique violent. Ils arrivent de Syrie, de Lybie, du Tchad ou encore d'Erythrée. Et face aux discours de haine sur le thème "les migrants sont dangereux et ils ne veulent pas s'intégrer", ils opposent un ferme démenti. Pour s'en persuader, il suffit d'assister à un des nombreux cours de Français dispensés par des bénévoles.

Une vraie envie de s'intégrer

Moussa, 24 ans, explique qu'il vient du Tchad. Il est arrivé à Dijon il y a 4 mois, et sa soif d'apprendre le français est insatiable. Il suit non seulement les cours de français au squat mais aussi auprès de la Cimade - Dijon, une des associations de soutien aux migrants. Moussa explique que maîtriser la langue de Molière, c'est nécessaire pour "obtenir des papiers, trouver un travail et... se faire des amis !" Autrement dit : oui, il veut rester en France et oui, il veut s'y intégrer !

Moussa (de dos), Taher et Ati apprennent le français avec Odile, une bénévole - Radio France
Moussa (de dos), Taher et Ati apprennent le français avec Odile, une bénévole © Radio France - Véronique Narboux

Face à la haine, la colère et la peine des bénévoles

Odile, une des bénévoles qui donnent gratuitement les cours de français au squat confirme : les migrants qu'elle rencontre sont "paisibles, respectueux, pacifistes", même quand on leur explique que certains français voient leur arrivée d'un très mauvais œil. Cette professeure de français à la retraite dit à quel point elle est "en colère et peinée" par le rejet et la haine qu'elle constate chez certains de ses concitoyens. Odile précise qu'elle ne milite dans aucune association, qu'elle est "juste une citoyenne concernée", qu'elle aussi a dû braver sa peur pour aller à la rencontre des migrants mais qu'aujourd'hui, certains sont devenus des amis.

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Une séance de français avec les migrants du squat dijonnais de la rue des ateliers

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