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Dijon : gendarmes et archéologues main dans la main pour lutter contre le pillage

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"Lutter ensemble contre les atteintes au patrimoine archéologique" tel était le mot d'ordre de cette grande réunion. Organisée dans l'amphithéâtre de l'école de gendarmerie de Dijon-Longvic elle a réuni des gendarmes, des archéologues, des douaniers ou encore des représentants de la justice.

Les recherches de vestiges archéologiques avec des détecteurs de métaux doivent -à minima- faire l'objet d'une autorisation préfectorale.
Les recherches de vestiges archéologiques avec des détecteurs de métaux doivent -à minima- faire l'objet d'une autorisation préfectorale. © Maxppp - LAURENT THEVENOT

Comment lutter contre le pillage archéologique? Cette question était au coeur d'un séminaire qui a réuni près de 500 personnes ce mercredi 20 mars 2019 à l'école de gendarmerie de Dijon-Longvic. Le patrimoine historique et archéologique de notre région est extrêmement riche mais en effet il subit régulièrement des vols et des dégradations qui le mettent en péril. C'est pourquoi la gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté, la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) ont décidé d'unir leurs forces pour sensibiliser l'ensemble des professionnels concernés par la surveillance des sites de fouilles et les atteintes au patrimoine.   

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La Bourgogne est une région très riche aux plans historiques et archéologiques. Ici une vue du chantier de fouilles d'un port en bord de Seine au pied du mont Lassois dans le Châtillonnais. © Maxppp - JC Tardivon

L'un des organisateurs de cette journée, le colonel Patrick Chabrol, de l'Etat major de la gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté. "Nous avons constaté que nous avons eu affaire à un certains nombre de faits qui mettaient en cause le patrimoine archéologique et à ce moment là on s'est demandé si on ne manquait pas de coordination, d'échanges avec les différents partenaires "en prise" dans ces dossiers. C'est à dire notamment les services culturels et archéologiques de l'Etat. Si on veut aboutir à des suites judiciaires dans ce genre de dossiers il est nécessaire de nouer de vrais partenariats". 

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Le colonel Patrick Chabrol, de l'Etat major de la gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté © Radio France - Thomas Nougaillon

"Nous voulons mieux traiter ce genre d'affaires"

Cela veut-il dire que les gendarmes attrapent des gens qui ne sont jamais condamnés dans ce genre de dossiers? "Jamais peut-être pas, mais assez peu, et nous voulons mieux traiter ce genre d'affaires" explicite le colonel Chabrol. Difficile en revanche de dire combien de vols sont réalisés chaque année dans notre région. Mais si une telle réunion est organisée chez nous cela veut surement dire qu'ils sont plus nombreux qu'ailleurs? "En fait c'est plutôt l'absence de faits ou leur faible nombre qui nous laissent penser que nous gendarmes ne sommes pas forcément au rendez-vous. C'est pourquoi nous nous sommes dits faisons quelque chose et surtout luttons mieux ensemble". 

L'affaire du trésor de Laignes : 2 000 pièces gauloises dérobées dans un champ

Yves Pautrat est conservateur au Service régional d'archéologie qui dépend de la DRAC. Il a évoqué une affaire emblématique pour les archéologues. Elle s'est déroulée en Côte-d'Or. C'est l'affaire du trésor de Laignes dans le Nord du département. A l'automne 2015, des pilleurs équipés de détecteurs de métaux avaient mis la main sur 2 000 pièces gauloises en argent. "Des pilleurs étaient intervenus de nuit pour sortir ce trésor d'un champ et avaient commencé de le vendre. Ils ont pu être poursuivis car on avait été mis au courant grâce à des documents sur internet. Et ils ont eus des peines assez importantes de 15 000 euros d'amendes par exemple pour ceux qui étaient vraiment à l'origine de ce trafic. Le trésor a pu être récupéré en grande partie. En cours d'étude par des spécialistes il commence à nous donner des informations très intéressantes sur sa période de découverte. C'est un trésor lié à la guerre des Gaules et plus spécifiquement au siège d'Alésia."   

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Jean-David Desforges, président de l'association "Halte au Pillage" © Radio France - Thomas Nougaillon

L'association "Halte au pillage" s'était portée partie civile

Jean-David Desforges, président de l'association "Halte au Pillage", née à Dijon en 2007, s'est porté partie civile dans ce procès. Il se souvient. "On voyait des gars qu'on peut croiser tous les jours dans la rue. Des gens tout à fait normaux qui ont expliqué à la barre comment ils ont procédé. Ils ont agit parce qu'ils font du détecteur une fois de temps en temps. Et se sont laissés tentés par quelqu'un d'un peu plus chevronné qui connaissait des endroits intéressants et qui cherchaient des bras pour fouiller la villa romaine qu'il avait repéré. Un gars qui les a encouragé et les a emmené de nuit pour ne pas se faire repérer par les habitants des habitations à proximité. Et petit à petit c'est un délit très très bien constitué qui s'est réalisé. Quant à leur découverte, c'est tellement gros que c'est impossible à dissimuler. J'ai coutume de dire que tous les trésors brûlent les mains des inventeurs, on ne peut pas garder ça, c'est impossible, on ne peut pas digérer un trésor". 

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La brigade de recherches de la gendarmerie met au tapis le gang des pilleurs de dalle

L'adjudant-chef Pierre Lauret de la brigade de recherches de Montbard se souvient lui aussi d'une affaire hors-normes. Celle du gang des "pilleurs de dalle de Bourgogne". Un gang qui a sévit dans des habitations et de nombreux édifices religieux dans plusieurs départements -notamment la Côte-d'Or- entre septembre 2015 et novembre 2016. "Les dalles de Bourgogne sont d'énormes dalles qui peuvent être centenaires dans certaines demeures et qui se vendent très cher."

Les participants à ce séminaire étaient nombreux. © Radio France - Thomas Nougaillon

Plus d'un an d'enquête avant de les interpeller

Le gendarme poursuit, "ces personnes là ont pris l'habitude d'écumer la région notamment les campagnes à la recherche de vieilles bâtisses. Des résidences secondaires où les vols n'étaient pas signalés tout de suite mais parfois au bout de plusieurs mois. Ce qui a été une difficulté pour nous. D'autant plus qu'au départ ces vols ne marquaient pas vraiment les esprits. Jusqu'au jour où ils ont commencé à s'attaquer à une église et une abbaye. L'affaire a été un peu plus médiatisée. On a du faire plus d'un an d'enquête pour les prendre en flagrant délit sur Saulieu puis on les a interpellé sur Montbard après une filature".  

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Le livret de présentation de la journée émanant de l'INRAP © Radio France - Thomas Nougaillon

La loi est très stricte concernant les pillards

Les utilisateurs de détecteurs de métaux pour la recherche de vestiges doivent bénéficier d'une autorisation préfectorale. Sans elle la détection expose à une contravention de 5e classe et une amende pouvant atteindre plusieurs centaines d'euros. Dans le cas du trésor de Laignes, les quatre chasseurs de trésor avaient été condamnés a des peines allant jusqu'à trois mois de prison avec sursis et 15 000 euros d'amende. En cas de vol, de destruction ou de détérioration de vestiges sur un lieu de fouilles archéologiques la loi prévoit jusqu'à 7 ans de prison et 100 000 euros d'amendes. Les pilleurs de dalle de Bourgogne avaient été condamnés à des peines de 1 an avec sursis à 3 ans ferme.

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Retrouvez notre reportage long format ce jeudi 21 mars 2019 à 6h12 et 7h25 sur France Bleu Bourgogne (98.3 ou 103.7), à écouter également en cliquant sur les deux liens ci dessus.

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