Société

À Dijon, les Bure Haleurs ont chanté contre le nucléaire

Par Adeline Tavet, France Bleu Bourgogne vendredi 5 août 2016 à 21:12

Les Bure Haleurs donnent de la voix, place de la Liberté
Les Bure Haleurs donnent de la voix, place de la Liberté © Radio France - Édouard du Penhoat

Les Bure Haleurs sont un groupe d'activistes opposés au nucléaire. Depuis une semaine, ils pédalent depuis Bure pour sensibiliser les gens à la question de cette énergie et des déchets radiocatifs.

Des liasses de faux billets volent, place de la Liberté à Dijon. Ils symbolisent les subventions que reçoivent les départements où sont implantés des sites nucléaires. Cette fausse monnaie, c'est l'une des manières qu'a trouvée le groupe des Bure Haleurs pour sensibiliser les gens sur cette énergie. "Notre vie, c'est de la bombe !", assure David, guitariste dans le groupe. "On reçoit de très fortes sommes d'argent, mais en échange, sous nos pieds, il y a de la bombe aussi..." Comme leur nom l'indique, les Bure Haleurs sont originaires du village de Bure, dans la Meuse. C'est là que le gouvernement envisage d'enfouir les déchets nucléaires français, d'ici 2030.

"Quand on arrive à vélo, avec notre musique, les gens sont réceptifs"

Hors de question pour les musiciens de laisser faire : depuis plusieurs années, ils organisent un parcours estival, à vélo, qu'ils appellent le Halage du débat. Cette année, leur périple les emmène jusqu'à Valduc, un site militaire de la commune de Salives, en Côte d'Or. Chaque soir, ils posent leur vélo et leur valise sur une place de village, déballent batterie, accordéon et guitare, et entonnent leur répertoire de chansons humoristiques autour du thème du nucléaire. "On va vous jouer une chanson amusante !", prévient David. "Enfin... l'air et les paroles sont amusants. Mais le thème est grave : ce sont les catastrophes d'Hiroshima et de Nagasaki. On pense qu'il est important de dédramatiser ces catastrophes pour que les gens prennent conscience !" La foule grossit autour des musiciens :"Quand on arrive à vélo, avec notre musique, les gens sont très réceptifs !", confirme Jean-Marc Convert, membre de l'association des Amis de la Terre et proche des Bure Haleurs.

Après quelques titres, le groupe remballe ses instruments et discute avec les curieux, qui écarquillent les yeux :"À votre avis, madame, quel est le pourcentage de l'énergie dans le monde qui vient du nucléaire" ? demande Sylvain. "50 % ?", répond son interlocutrice. "À peine 4 % !", promet-il. Les passants repartent avec des prospectus, promettent de s'informer et de se documenter sur la question. "C'est tout ce qu'on demande", affirme Sylvain. "Vous savez, on a tendance à penser que nos hommes politiques sont des girouettes. Pour le moment, ils ne font rien pour Bure parce que les gens ne savent pas. Mais le jour où la population sera informée, et qu'elle s'y opposera, ils s'opposeront à leur tour au projet pour se faire réélire !"

Partager sur :