Société

Dijon : les sapeurs pompiers voient rouge

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne mardi 13 octobre 2015 à 19:38

Les sapeurs pompiers dijonnais sont prêts à faire beaucoup de bruit
Les sapeurs pompiers dijonnais sont prêts à faire beaucoup de bruit © Radio France - Arnaud Racapé

La prochaine fois que vous appellerez les pompiers pour un incendie ou un accident, ils arriveront peut-être trop tard, faute d'effectifs suffisants. A Dijon, une quarantaine d'entre eux étaient en grève mardi, devant le centre départemental du SDIS, en marge d'un conseil d'administration.

L'objectif du mouvement était clair : continuer à mettre la pression sur les financeurs du SDIS, Conseil départemental en tête, et obtenir des moyens supplémentaires. Une grève en vain, puisque l'enveloppe du département, votée hier, restera inchangée en 2016, à 17 millions d'euros. La tendance reste donc à la suppression de postes et à la réorganisation des effectifs : 168 personnes à la fin de l'année, contre 176 prévus initialement.

Un jour, il y aura un drame. Peut-être que ce jour-là, on nous écoutera

L'uniforme commence à être lourd à porter pour les sapeurs pompiers dijonnais. En sous-effectifs chronique depuis 2011, ces hommes et ces femmes de l'urgence commencent à douter de leur propre vocation, la faute à des horaires à rallonge, à des weekends passés loin des familles, et à des conditions de travail dégradées. De plus en plus, ils constatent que le manque de moyens nécessite le renfort de pompiers venus de l'extérieur de Dijon, ce qui augmente dangereusement les délais d'intervention. En aparté, un pompier confie : "un jour, il y aura un drame. Ce jour-là, peut-être qu'on nous écoutera". Cédric Fauchard, du syndicat autonome SPP-PATS, explique la situation : "ça n'arrive pas tous les jours, mais c'est effectivement de plus en plus fréquent de voir des engins de Brazey, de Gevrey, d'Is-sur-Tille arriver sur l'agglomération dijonnaise. On peut imagine l'incidence si par exemple un engin partant pour un incendie avait un délai d'une demi-heure, et que cet incendie venait à se propager..."

Une quarantaine de pompiers étaient en grève mardi devant le SDIS - Radio France
Une quarantaine de pompiers étaient en grève mardi devant le SDIS © Radio France - Arnaud Racapé


Chacun doit prendre ses responsabilités

Le président du SDIS Vincent Dancourt entend l'inquiétude de ses troupes, mais il fait valoir deux éléments. D'abord, le budget alloué dépend entièrement de subventions des collectivités à la recherche d'économies sur tous les fronts. Par ailleurs, il dénonce l'augmentation drastique des interventions liées à l'absence d'ambulances. Entre 2012 et 2015, des centaines d'interventions ont été effectuées par les pompiers, dans des situations qui ne relevaient pas de leur responsabilités. "Notre nombre d'intervention lié à des carences d'ambulances augmente considérablement, ce sont des charges pour le SDIS dont ce ne sont pas les missions, et qui mobilisent les pompiers sur des opérations autres que leurs mission prioritaires." 

A terme, préviennent les professionnels, ce sont les vocations qui seront en crise, faute de pouvoir assurer un vrai service public.