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Société

Atelier à Dijon : comment créer des entreprises en banlieue ?

lundi 8 octobre 2018 à 3:52 Par Sophie Allemand, France Bleu Bourgogne

Développer les territoires dits "fragiles" par l'entrepreneuriat : c'est le but d'un atelier organisé ce jeudi dans le quartier de la Fontaine d'Ouche à Dijon. Une vingtaine de participants se sont réunis pour échanger à ce sujet.

Florence Rigneau animait cet atelier, via des techniques visuelles, afin de représenter les idées du groupe
Florence Rigneau animait cet atelier, via des techniques visuelles, afin de représenter les idées du groupe © Radio France - Sophie Allemand

Dijon, France

Peut-on créer des entreprises en banlieue?  C'est en tous cas le but d'un atelier organisé ce jeudi dans le quartier de la Fontaine d'Ouche à Dijon. Car il y a des projets dans ces quartiers au fort taux de chômage, mais ce n'est pas toujours simple de les concrétiser !  

Pour trouver des solutions, une vingtaine de participants : des associations, des entrepreneurs ou simplement des habitants intéressés ont échangé deux heures autour de cinq tables rondes. La BGE, Adie et La Coursive Boutaric animaient cet atelier, situé dans l'école de formation cuisine mode d'emploi

Lutter contre les idées reçues sur la banlieue

La BGE est une association qui accompagne les entrepreneurs. Nous avons rencontré Amélie Patay, directrice de la BGE en Côte d'Or

  • Est-ce plus compliqué d'obtenir des prêts en venant de banlieue ?

"Ça n'est pas plus compliqué qu'ailleurs, il faut bien travailler son projet. En tous cas, devant un business plan bien construit et bien accompagné, il y a autant de chances pour une personne qui habite en banlieue que pour une personne qui réside ailleurs d'obtenir des financements.

  • Avoir une adresse en banlieue, c'est discriminant sur un CV ?

"Alors oui. Ce serait largement mentir que de dire le contraire... Car les faits sont là ! C'est pour ça qu'il faut mettre en avant l'entrepreunariat, car c'est aussi un moyen de prendre en main son avenir professionnel, de construire soi-même son emploi. Les initiatives existent et ne sont pas réservées aux personnes des quartiers plus favorisés."

  • Rien ne se crée en banlieue actuellement ?

"Alors là non, il y a pleins de choses qui se créent, pleins d'initiatives. Nous on est là pour les accompagner, il y a beaucoup de dispositifs mis en place pour les habitants. C'est notre responsabilité de leur montrer que ça existe et qu'ils peuvent être accompagnés pour créer encore plus."

Amélie Patay, directrice de BGE en Côte-d'Or - Radio France
Amélie Patay, directrice de BGE en Côte-d'Or © Radio France - Sophie Allemand

Un accompagnement nécessaire

Parmi les participants, Ali Touati, habitant de la fontaine d'Ouche. Il était jardinier mais vit du RSA depuis deux ans, suite à un problème de genoux. Aujourd'hui, il est porteur d'un projet supporté par la BGE aux côtés de Pôle Emploi. 

Pour moi tout se crée dans la rue, par le peuple, donc la banlieue - Ali Touati

Il rêve de créer une boutique de vêtements, mais fait rapidement face à des réalités monétaires. Rien qu'une adresse en banlieue peut-être stigmatisante : "quand je dis aux gens que j'habite à Fontaine d'Ouche, leur réaction déjà ...", raconte-t-il. L'association BGE et Pôle l'emploi l'accompagnent donc pour rendre son projet viable. Il espère obtenir un crédit bancaire pour enfin ouvrir sa boutique.

A droite, Ali Touati durant l'atelier - Radio France
A droite, Ali Touati durant l'atelier © Radio France - Sophie Allemand

Reportage : Ali Touati veut créer sa boutique de vêtements

Certaines structures existent pour les personnes aux faibles moyens. C'est le cas de France Active Bourgogne, une association qui aide les entrepreneurs en difficulté à trouver des fonds de financement. "Notre rôle, c'est d'ouvrir le champ des possibles. On essaye de trouver un établissement pour l'entrepreneur, en fonction de ses besoins," explique Charlotte Bourgeois, responsable création à France Active Bourgogne

Un exemple d'entrepreneuriat à Fontaine d'Ouche : l'école Thierry-Marx

Le lieu choisi pour l'atelier n'était pas anodin, il s'agissait de l'école de formation "cuisine mode d'emploi" du chef Thierry Marx, qui est aussi une entreprise où l'on vend du pain et des pâtisseries.

Chloé a 18 ans, elle vient de Chenôve et suit cette formation financée par Pôle Emploi.  Après deux mois à l'école, elle passera trois semaines en entreprise où elle sera rémunérée. Ce coup de pouce, c'est ce qu'il fallait à Chloé pour se lancer et avoir envie d'entreprendre.

Suivant les expériences que j'aurai, je pense pouvoir monter ma boulangerie-pâtisserie. C'est une très bonne école ici. On a beaucoup de retours positifs, on ne parle pas que du négatif, quand c'est bien fait on nous le dit et on nous le répète - Chloé

Chloé, en formation à l'école cuisine mode d'emploi de Dijon - Radio France
Chloé, en formation à l'école cuisine mode d'emploi de Dijon © Radio France - Sophie Allemand

"Ce qui me plaît c'est le fait de ne pas faire que boulangerie-pâtisserie" - Chloé