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Société

Dire stop aux violences homophobes

lundi 29 octobre 2018 à 8:11 Par Flavien Groyer, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Samedi dernier, 3000 personnes se sont réunies à Paris pour dire stop aux violences homophobes. Ce mardi, c'est le Normand David Bobée qui a porté plainte pour injures homophobes. La parole semble se libérer mais il est toujours difficile de porter plainte.

3000 personnes se sont réunies samedi dernier à Paris pour dire stop aux LGBTphobies
3000 personnes se sont réunies samedi dernier à Paris pour dire stop aux LGBTphobies © Maxppp - Jeremias Gonzalez

Normandie, France

Ce mardi, David Bobée le directeur du Centre Dramatique National Normandie-Rouen a porté plainte pour injures homophobes. Cela intervient quelques jours après le rassemblement de plusieurs milliers de personnes sur la place de la République à Paris pour dire stop aux violences LGBTphobes. La parole semble se libérer mais il est toujours difficile de porter plainte.

Les témoignages sont toujours aussi nombreux sur la ligne téléphonique SOS Homophobie : 19 en Seine Maritime et moins de cinq dans l'Eure en 2017. Pousser la porte d'un commissariat est difficile selon Frédéric Lefevre-Hautemer, co-délégué de SOS Homophobie Normandie. "Il est peut-être plus difficile de parler en province qu'à Paris. C'est sans doute pire quand on habite en campagne. Les victimes restent terrées." nous confie-t-il. 

Pour Florence Dodeman, co-fondatrice et vice présidente du "Groupe d'entraide transgenre et intersexe", il est compliqué de parler car cela peut avoir des répercussions sur la vie professionnelle et familiale : 

Il y a une réelle peur de représailles !

Il est toujours difficile de porter plainte quand on est victime d'homophobie - Maxppp
Il est toujours difficile de porter plainte quand on est victime d'homophobie © Maxppp - Jan Schmidt-Whitley/Le Pictorium

Permettre aux victimes d'être mieux écoutées

Le dieppois Nicolas Bellenchombre et un de ses amis ont été passés à tabac il y a huit mois par deux hommes âgés de 19 et 21 ans. Selon lui, "Il faut sensibiliser les jeunes pour que l'homosexualité soit acceptée par tous et tous ça sans tabou" . 

Des jeunes qui sont également victimes. Une jeune fille de 16 ans qui a souhaité témoigner anonymement a été harcelée dans son lycée car elle est lesbienne. "Au début, je ne disais rien puis j'ai pensé au suicide". Aujourd'hui elle est toujours scolarisée mais n'ose pas aller en cours pas peur que cela recommence. Elle se dit même abandonnée par ses professeurs et le directeur de l'établissement. Florence Dodeman insiste également sur la formation de certains cors de métier comme les gendarmes et les médecins pour une meilleure écoute et une meilleure prise en charge des plaintes. 

Des peines pas forcément appliquées

Des peines de prison et des amendes sont prévues pour sanctionner les violences homophobes : 3 ans d'emprisonnement et 45000€ d'amende pour une interruption de travail de plus de huit jours. "Ces peines ne sont pas appliquées ! Il faut attendre que quelqu'un meurt ou qu'il soit handicapé à vie pour qu'il y ait un jugement" selon elle.

Pourtant les agresseurs de Nicolas Bellenchombre ont été condamnés à 18 mois de prison. "Le juge et les magistrats ont voulu faire de notre cas un exemple" confie le directeur du festival canadien de Dieppe. 

"Le groupe d'entraide transgenre et intersexe" est ouvert à tous. Vous pouvez contacter les membres de l'association grâce à cette adresse e-mail : transinter.normandie@gmail.com. L'adresse physique n'est pas communiquée pour garantir la discrétion des personnes. 

SOS Homophobie met en place une ligne d'écoute anonyme : 01.48.06.42.41. Elle est ouverte du lundi au vendredi de 18h à 22h, le samedi de 14h à 16h et le dimanche de 18h à 20h. Un chat a aussi été mis en place sur leur site : www.sos-homophobie.org.