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Discrimination à l'embauche : pour SOS Racisme, l'Etat doit prendre la mesure du fléau

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Par , France Bleu Paris, France Bleu
France

Le gouvernement a publiquement dénoncé 7 grandes entreprises accusées de pratiquer de la discrimination notamment raciale à l'embauche. Une bonne chose, pour le président de SOS Racisme qui a réagi vendredi sur l'antenne de France Bleu Paris. Mais Dominique Sopo demande à l'Etat d'aller plus loin.

Dominique Sopo, président de SOS Racisme.
Dominique Sopo, président de SOS Racisme. © Radio France - Nicolas Olivier

7 noms mis sur la place publique. Pour la première fois, le gouvernement a dénoncé nommément des grandes entreprises françaises soupçonnées de pratiquer de la discrimination à l'embauche. D'après une enquête sans précédent menée fin 2018 auprès de 40 sociétés, Accor, Air France, Altran, Arkema, Renault, Rexel et Sopra Steria auraient ainsi plus facilement rejeté les candidats aux noms à consonance maghrébine (9,3% de chances de succès en moyenne au lieu de 12,5% pour un candidat avec un nom européen). Pour le président de SOS Racisme Dominique Sopo, invité de France Bleu Paris vendredi, le "name and shame" (nommer et faire honte) est une "bonne chose car les discriminations raciales sont un fléau invisible."

"Le name and shame peut être efficace, nous l'avons déjà fait depuis 20 ans avec nos testings, en affichant parfois des boîtes de nuit ou des groupes immobiliers. Nous avons même déjà fait condamner des fleurons de l'industrie française. Mais nous attendons autre chose de l'Etat que du name and shame".

Un délit sans preuve

Pour le président de SOS Racisme, le phénomène n'a pas forcément reculé ces dernières années. 

"L'impression qu'il y a du mieux c'est juste qu'on en parle moins, car le sujet des discriminations raciales a très largement disparu de l'agenda public ces dernières années, mais ça ne fait pas disparaître un délit qui est très particulier : souvent la victime n'a pas de preuve à apporter. Quand on se fait voler ou taper dessus, on sait qu'on a été victime d'un délit. Lorsque l'on est discriminé, on peut avoir des suspicions mais pas grand chose de plus. Donc lutter contre les discriminations raciales, ça ne peut pas se limiter à demander aux victimes de porter plainte, puisque la plupart du temps les victimes ne savent même pas qu'elles le sont."

Des mesures radicales

Le gouvernement prévoit un plan d'action pour lutter contre les discriminations, en généralisant les emplois francs, en augmentant le nombre de stage de troisième pour les jeunes des quartiers prioritaires, ou en développant le tutorat. Mais Dominique Sopo attend davantage.

"L'Etat doit d'abord être lui-même exemplaire dans ses pratiques, ce n'est pas le cas aujourd'hui, y compris dans la police où des agents dénoncent des collègues de culture ou de confession musulmanes dans un contexte de peur de la radicalisation. A un moment donné, devant l'ampleur du fléau, il faut des mesures radicales. Nous par exemple, nous proposons que des entreprises condamnées pour discrimination puissent être interdites de marché public. L'Etat doit se mettre en mouvement pour favoriser l'égalité en entreprise. Nous proposons aussi des formations obligatoires à la question des préjugés raciaux et des discriminations".

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