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"Djihad" : la pièce de théâtre présentée aux élèves du Pays de Montbéliard

Par Hajera Mohammad et Thierry Campredon, France Bleu Belfort-Montbéliard jeudi 13 octobre 2016 à 22:21

La pièce de théâtre "Djihad" présentée à un millier d'élèves du Pays de Montbéliard, les 13 et 14 octobre 2016.
La pièce de théâtre "Djihad" présentée à un millier d'élèves du Pays de Montbéliard, les 13 et 14 octobre 2016. © Radio France - Hajera Mohammad

Plus d'un millier de collégiens et lycéens du Pays de Montbéliard ont été invités à la représentation de "Djihad" à Bethoncourt, dans le Doubs. Une pièce de théâtre née en Belgique, qui fait le tour de France pour sensibiliser le public et particulièrement les jeunes.

L'Arche de Bethoncourt est pleine à craquer ce mercredi 13 octobre. Dans le public , plus de 500 collégiens venus de différents établissements du Pays de Montbéliard. Ils assistent à la première représentation de Djihad, pièce écrite et mise en scène par le Belge Ismaël Saidi. Originaire de Schaerbeek (l'une des communes bruxelloises d'où sont partis un grand nombre de combattants islamistes), ce quadragénaire est conscient que sa pièce est devenue un véritable outil pédagogique pour lutter contre la radicalisation et dénoncer la propagande terroriste qui sévit sur internet et les réseaux sociaux. Au total, elle a été vue par plus de 50.000 personnes, dont 29.000 élèves.

On peut rire tous ensemble même sur un sujet tabou - Ismaël Saidi, metteur en scène

Il faut dire que le metteur en scène a choisit l'humour pour aborder ce thème grave. "C'est très important. C'est tout ce que je sais écrire de toute façon et puis je pense que ça rassemble, ça prouve qu'on peut rire tous ensemble même sur un sujet tabou. Le message est clair pour ces jeunes. C'est qu'ils doivent se parler entre eux, refuser les dogmes qu'on impose. Si une religion les intéresse, il faut qu'ils cherchent, qu'ils la comprennent" , explique Ismaël Saidi. C'est vrai que l'histoire de ces trois jeunes apprentis djihadistes, qui se retrouvent totalement perdus et désillusionnés, une fois arrivés en Syrie, fait sourire. On entend même parfois des éclats de rire. Mais le bruit des bombes et des tirs de kalachnikov sonne comme une piqûre de rappel : nous rappeler l'horreur de la guerre en Syrie.

Le plus marquant, c'est le sentiment d'exclusion que ressentent certains jeunes - Caroline, enseignante

À la fin de la pièce, les élèves sont conquis. "C'était drôle et il y avait un grand message à retenir : le djihad, c'est mal" , affirme Walid, en troisième au collège Lou Blazer de Montbéliard. Pour Caroline, son enseignante, "le plus marquant, c'est l'idée de l'exclusion que ressentent certains jeunes, le sentiment de ne pas être français et de ne pas être accepté avec leur origine. Ce sera un bon sujet de débat à avoir avec les élèves". Ce vendredi, 500 lycéens du Pays de Montbéliard vont découvrir à leur tour Djihad. Les personnels de l'éducation et de la formation ont également été invités à une représentation à l'Arche. De Bethoncourt, au moins quatre jeunes seraient partis faire la "guerre sainte" en Syrie. Deux d'entre eux seraient morts. Au total, 200 djihadistes français ont été tués et plus de 700 seraient encore présents dans les zones de combat irako-syriennes.

Le reportage de nos confrères de France 24 sur Dijhad, la pièce d'Ismaël Saidi (sujet à 1"48) :

Une pièce d'utilité publique

Jilali El Rhaz, président de l'Alif, l'Association pour la promotion des liens interculturels et fraternels et partenaire de cette opération, estime que cette pièce de théâtre est très efficace pour faire réagir et surtout réfléchir les plus jeunes. Elle a d'ailleurs été reconnue d'utilité publique en Belgique et la France a reconnu son intérêt pédagogique.

Jilali El Rhaz, président de l'Alif

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