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Société

Documentaire choc sur le centre de l'enfance d'Eysines : Emmanuelle Ajon crie au manque de pédo-psychiatres

mercredi 16 janvier 2019 à 12:21 Par Pascal Pierozzi, France Bleu Gironde et France Bleu

Emmanuelle Ajon, vice-présidente du conseil départemental de la Gironde, a pu visionner avant sa diffusion, ce soir sur France 3, le documentaire choc intitulé : "Enfants placés, les sacrifiés de la République" qui montrent certaines images de violences au Centre Enfance et Famille d'Eysines.

Le Centre Départemental de l'Enfance et de la Famille à Eysines
Le Centre Départemental de l'Enfance et de la Famille à Eysines © Radio France

Eysines, France

L'enquête est signée Sylvain Louvet pour l'agence de presse CAPA. Un documentaire réalisé notamment au Centre Départemental d'Enfance et de la Famille à Eysines géré par le Conseil départemental. Un journaliste s'est infiltré dans ce CEDEF, et s'est fait embaucher comme éducateur. Il a filmé en caméra cachée des scènes de violence entre enfants mais aussi entre éducateurs et enfants. Un foyer qui avait fait l'objet il y a un an de plusieurs alertes. Emmanuelle Ajon, vice-présidente du Conseil Départemental en charge de la protection de l'enfance est atterrée, mais confirme que certains enfants en grande souffrance n'ont pas leur place dans ce centre. 

France Bleu Gironde : Êtes-vous surprise par ces images  ? 

Emmanuelle Ajon : Avant tout, ces images m'ont choquée énormément. C'est un véritable drame. Et même si nous sommes alertés par des professionnels sur les difficultés dans ce foyer, on ne peut qu'être choqué par ce que l'on voit. 

À LIRE - Violences et agressions sexuelles au centre de l'enfance d'Eysines : un documentaire choc sur France 3 mercredi soir 

Vous n'aviez pas conscience de l'ampleur des difficultés dans ce centre d'Eysines ? 

Bien sur que nous sommes conscients des difficultés sur ce centre d'Eysines qui est un très grand CEDEF, avec plus de 500 professionnels et 500 enfants pris en charge sur l'ensemble des sites. Mais avant, je veux aussi rassurer les familles et les enfants, ce n'est pas l'image de toute la protection de l'enfance et ce n'est pas l'image de tous les professionnels de la protection de l'enfance.  Il y a des professionnels d'immenses qualités dans ce champ d'action sociale aussi. 

Le département avait pris des mesures, puisqu'en 2017 d'anciens salariés de ce centre d'Eysines avaient déjà alerté pour exactement les mêmes faits. Qu'avez-vous fait depuis ? 

Depuis 2015 et 2016, nous avons d'abord renforcé les moyens humains en doublant et triplant sur des heures précises, en demandant aux cadres, depuis 2017, de revenir sur le terrain. Nous avons aussi créé de petites unités pour que les enfants soient accompagnés dans des conditions plus dignes et plus humaines notamment ceux qui ont des troubles du comportement. Nous en avons déjà ouvert trois, et nous continuons pour "casser" cette grosse machine qu'est le CEDEF. Et puis nous avons alerté largement le gouvernement puisque nombre des enfants qui sont coincés dans ce CEDEF sont victimes et à la fois bourreaux. Ils sont victimes de troubles du comportement, des troubles relevant de la psychiatrie et du soin auxquels ils n'ont pas accès parce qu'il y a un manque criant de pédo-psychiatrie comme partout en France. 

Et ces enfants se retrouvent dans ces centres et non soignés pour les troubles dont ils souffrent, c'est ce que vous nous dites ? 

Tout à fait, c'est pour cette raison que nous avons créé des petits foyers pour les accompagner avec des infirmiers et des psychologues, mais ce n'est pas suffisant. Nous avons proposé au gouvernement et à madame Buzyn, ministre de la Santé, de travailler ensemble, car c'est en travaillant ensemble que nous arriverons à constituer quelque chose qui les accompagne réellement et pour créer un parcours de vie qui les amènera à la réussite, et qui leur permettra de sortir de cette spirale où la violence est la réponse à leur mal-être. 

Avec Jean Luc Gleyze, le président du département, nous avons fait le choix d'augmenter de 25% le budget de la protection de l'enfance. Lors de la dernière séance plénière, nous avons voté 100 embauches supplémentaires pour le CEDEF en 2019. Nous mettons tous les moyens, nous cherchons à trouver tout ce qui existe dans les autres départements pour accompagner avec de nouvelles solutions. Nous ne pourrons pas le faire seul et nous pourrons pas réussir s'il manque un acteur principal autour de la table et des moyens à la pédo-psychiatrie. C'est quelque chose que nous devons faire à plusieurs.