Société

Don d'organes : la famille ne sera plus consultée

Par Angeline Demuynck, France Bleu Sud Lorraine vendredi 17 avril 2015 à 11:31

Aujourd'hui dans 4 cas sur 10 la famille dit non au prélèvement
Aujourd'hui dans 4 cas sur 10 la famille dit non au prélèvement © MAXPPP

Un article de loi qui vient d'être adopté par les députés modifie les règles du don d'organes. Désormais, à moins d'avoir signifié de votre vivant votre refus du prélèvement, vous serez considéré comme donneur potentiel. Une façon de responsabiliser les Français selon Monique Boutet, la présidente de l'Addoth de Meurthe-et-Moselle.

En Lorraine, 500 personnes sont en attente de transplantation. L'an dernier, seules 90 greffes ont pu être réalisées dans la région. En cause : le manque de donneurs. "On sait que 80% des Français sont favorables au don, pourtant nous avons 40% de refus ", explique Monique Durand la présidente de l'Association départementale pour le don d'organes et de tissu humain (Addoth).

Renforcement de la règle du "consentement présumé"

Le nouvel article adopté par les députés change quelque peu les règles. Même si le don est "présumé consenti " depuis trente ans, en cas de mort encéphalique sans enregistrement sur le registre des refus, la famille était consultée. A partir de 2017, ce ne sera plus le cas : les proches seront simplement informés de la décision du corps médical.

"Dans ces moments douloureux, la famille n'est pas le juste rapporteur, estime Monique Boutet.

"Ca nous a beaucoup surpris , reconnait la présidente de l'Addoth 54, mais il est important de prendre une décision. Les gens nous disent : je veux donner mais je ne suis pas sûre que mes parents respectent ma décision. Maintenant, on pourra les rassurer : si vous n'êtes pas inscrits dans le registre des refus vous pourrez être prélévés ", explique t-elle.

Un texte jugé brutal par certains. Marisol Touraine, la ministre de la Santé se veut rassurante :"il n'est pas question de faire un prélèvement d'organes sans s'assurer du consentement de la personne et sans discuter avec la famille ".

Découvrez ce qu'en pense Christine Garcia. Cette Nancéienne a perdu son fils dans un accident il y a 18 ans. Elle a accepté de donner son coeur, ses reins, son foie et ses cornées.

Christine Garcia a accepté de faire don des organes de son fils

 

 

Monique Boutet, la présidente de l'Addoth de Meurthe-et-Moselle