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Société

PMA : la demande devrait augmenter, le centre nancéien d'assistance à la procréation se prépare

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Par , France Bleu Sud Lorraine, France Bleu

Le projet de loi de bioéthique qui doit être discuté cet automne au parlement, doit ouvrir la PMA aux femmes seules et aux homosexuelles. Une petite révolution qui risque d'augmenter, au moins temporairement, les délais d'attente. Reportage au centre nancéien d'assistance médicale à la procréation.

Les gamètes sont congelés dans l'azote à -194°
Les gamètes sont congelés dans l'azote à -194° © Radio France - Angeline Demuynck

Nancy, France

"On est déjà à flux tendu". Isabelle Koscinski, biologiste au Centre d'assistance médicale à la procréation de Nancy fait ses calculs. "L'an dernier, nous avons eu 27 candidats au don de sperme mais seuls 14 ont pu aller au bout". Un chiffre insuffisant quand on sait que 30 à 50 couples lorrains espèrent chaque année recevoir des gamètes. Il faut compter aujourd'hui environ 15 mois d'attente

Plus de demandes avec l'ouverture de la PMA à toutes les femmes

Un délai qui s'est un peu raccourci depuis l'ouverture du don en 2016 aux hommes non mariés et sans enfant. Mais la nouvelle loi de bioéthique qui doit être discutée cet automne, risque de compliquer la donne. "Les couples de femmes et les femmes seules pourront être prises en charge en France, elles ne seront plus obligées de se rendre à l'étranger", explique la spécialiste. La demande va donc augmenter. 

Au centre nancéien, on table sur "au moins un an de difficultés". Et de rappeler que le don est avant tout un geste altruiste. Il n'est pas rémunéré et demande un certain engagement (5 à 6 dons par donneur). 

Fin de l'anonymat des donneurs

Autre bouleversement prévu dans le projet de loi : la levée de l'anonymat, autrement dit la possibilité pour les enfants, une fois majeurs, de connaitre l'identité de leur donneur. De quoi alimenter le questionnement des donneurs actuels. " Quand j'ai commencé à donner, l'anonymat était important pour moi, explique Maxime 21 ans, engagé dans la démarche depuis un an. Aujourd'hui le jeune Nancéien s'interroge : "J'hésite encore, mais pourquoi pas ?" Le jeune homme va suivre les débats à l'Assemblée nationale pour prendre sa décision. 

Dans les centres d'assistance à la procréation, on se pose aussi des questions : que faire des stocks actuels si les conditions du don changent ? Va-t-il falloir les jeter ? "Nous trouvons bien entendu dommage de renoncer à tous ses spermatozoïdes qui ont été donnés, déplore Isabelle Koscinski mais nous n'avons aucune idée de ce qui va se passer d'ici à la fin de l'année". La biologiste redoute aussi les conséquences familiales d'une telle mesure :  et si les parents, pour éviter que l'enfant ne parte à la recherche du donneur, préféraient lui cacher son mode de conception ? Une véritable bombe à retardement, selon la spécialiste.