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Donnez votre avis | Faut-il imposer le bio dans les cantines ?

Par Stéphane Parry et Marion Bastit, France Bleu Bourgogne mercredi 13 janvier 2016 à 16:31

La part du bio dans la restauration collective ne dépasse pas les 5 % des achats
La part du bio dans la restauration collective ne dépasse pas les 5 % des achats © Maxppp

La loi Grenelle de l'environnement fixait comme objectif d'atteindre 20% en 2012 de denrées issues de l'agriculture biologique dans les repas servis dans les cantines scolaires. Quatre ans plus tard, on en est loin. Moins de 5% d'aliments bio sont consommés dans la restauration collective.

Ce jeudi 14 janvier, les députés vont examiner la proposition de loi n°3280. Elle émane de la députée de Dordogne, Brigitte Allain. Le texte qui s'inscrit dans le prolongement de la loi avenir pour l'agriculture impose  des objectifs contraignants de 40 % d'alimentation locale et durable dans la restauration collective publique dès 2020. Cette proposition est soutenue par les associations pour l'environnement. Elle privilégie les circuits courts et limite les effets du transports des aliments sur une longue distance à travers les routes d'Europe.

Trois quarts des français favorables à l'introduction des aliments bio en restauration scolaire

Si l'on en croit un sondage Ifop pour l'association Agir pour l'environnement, 76% des français se disent favorables au vote d'une loi imposant l'introduction d'aliments issus de l'agriculture biologique, locaux et de saison dans la restauration collective publique (écoles, hôpitaux, maisons de retraite...) 35% sont tout à fait favorables et 41% disent oui plutôt favorables.

Les cinq articles de la proposition de loi : « favoriser l’ancrage territorial de l’alimentation »

  • Article 1 : Objectif réaliste et ambitieux de 40% de produits de qualité dont 20% de produits bio dans la restauration collective publique à partir de 2020.
  • Article 2 : Transformer les plans régionaux d’agriculture durable (PRAD) en plans régionaux d’agriculture et d’alimentation durable, PRAAD. Il s’agit là d’intégrer la politique alimentaire dans les politiques agricoles et d’intégrer les attentes des consommateurs, en leur donnant voix au chapitre.
  • Article 3 : Proposer la création d’un observatoire des circuits de proximité. Pour multiplier un modèle, il faut le prouver, le montrer, le chiffrer, le faire savoir.
  • Article 4 : Introduire les notions d’alimentation durable et de proximité dans la responsabilité sociale et environnementale des grandes entreprises françaises (RSE)
  • Article 5 : Etendre le label « fait maison » aux restaurants collectifs qui le souhaitent. Il s’agit de valoriser un savoir-faire, une qualité, et de rendre plus attractif le métier de cuisinier de cantines, souvent boudé.

Faut-il imposer le bio dans les cantines ? Témoignez sur Facebook et Twitter et ce jeudi à partir de 7 heures en appelant le 03 80 42 15 15


► A 7h54 l'invité France Bleu Bourgogne est Patrice Chateau, adjoint au maire en charge de l'environnement à la ville de Dijon.

Pour Bernard Krempp, le président du groupement des agriculteurs bio de Côte-d'Or (Gap 21), cet objectif de 20 % de bio dans la restauration collective publique est difficile à mettre en oeuvre, car les producteurs n'ont pas les moyens de livrer des produits conditionnés, comme le leur réclament les cantines. Pour lui, la solution réside dans l'installation de légumeries dans les cuisines des collectivités, et le maintien des petits abattoirs locaux pour la viande.

"On ne peut pas être agriculteur, abatteur et conditionneur à la fois" B. Krempp

A Chenôve, ça fait trois ans que le lycée Antoine s'est mis au local et au bio à la cantine, notamment grâce à la plate-forme Loc'halles Bourgogne, qui met en relation acheteurs et fournisseurs locaux. Sur 250 repas servis tous les jours au lycée Antoine, 30 % des produits sont locaux, et 10 % sont issus de l'agriculture biologique. Mais c'est difficile de faire plus pour Anthony Bray, le gestionnaire du lycée. Car pour de si petites quantités, les producteurs ont du mal à proposer des prix compétitifs, surtout lorsqu'ils doivent faire la livraison. Le gestionnaire prône donc la mise en place de commandes groupées entre plusieurs établissements.

"On n'a pas réussi à trouver de pain bio à un prix compétitif" Anthony Bray

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