Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Dordogne : "Les gens ont tendance à oublier" dit un ancien déporté à la cérémonie du souvenir de la déportation

dimanche 29 avril 2018 à 14:25 Par Antoine Balandra, France Bleu Périgord et France Bleu

La France commémore ce dimanche la mémoire des déportés de la Seconde Guerre mondiale. Des cérémonies du souvenir ont eu lieu notamment en Dordogne à Périgueux, Bergerac ou Sarlat. Avec des anciens déportés parfois désabusés.

La cérémonie du souvenir de la déportation à Périgueux, sous une pluie battante
La cérémonie du souvenir de la déportation à Périgueux, sous une pluie battante © Radio France - Antoine Balandra

Périgueux, France

C'était une cérémonie avec une résonance un peu particulière en cette période marquée par de nombreux actes et crimes antisémites en France. La journée nationale du souvenir de la déportation avait lieu ce dimanche. Pour célébrer le 73e anniversaire de la fin des camps de concentration nazis. Des cérémonies ont eu lieu à Périgueux, Bergerac et Sarlat en Dordogne.

Des lycéens de Périgueux sont venus saluer la mémoire des déportés à Périgueux - Radio France
Des lycéens de Périgueux sont venus saluer la mémoire des déportés à Périgueux © Radio France - Antoine Balandra

A Périgueux, c'est sous une pluie battante que des anciens combattants de la guerre d'Algérie, les autorités civiles et militaires et de simples passants se sont rassemblés. Mais aussi un ancien déporté, et des enfants et des petits-enfants de déportés, particulièrement choqués par le climat actuel en France. 

Parmi eux, Nicolas Laborderie, officier dans l'armée de l'air, et petit-fils de Maurice Laborderie, mort il y a huit mois à 96 ans, et ancien résistant périgourdin déporté dans quatre camps de concentration, Auschwitz et Mauthausen notamment, où les Américains l'ont libéré.

"La chose la plus importante qu'il disait, c'était "plus jamais ça". Et aujourd'hui quand on voit ce qu'il se passe depuis quelques années, les actes de violence antisémite, c'est quelque chose qui faisait très mal à mon grand-père, ce n'est pas un retour en arrière, mais il pensait que la France mérite mieux que cela"

"J'espère que l'on ne va pas replonger dans l'horreur" précise le jeune homme.

Colère d'un ancien résistant et déporté

Un peu plus loin dans la foule, le seul ancien déporté présent à cette cérémonie, à Périgueux, Vincent Garcia, 93 ans, habitant de Trélissac en Périgord. "Sans doute ma dernière cérémonie" dit-il, "tant j'ai du mal à déplacer".

Mais il a tenu à venir, même sous la pluie battante. Il y a 75 ans, alors qu'il avait 17 ans, il a été déporté à Buchenwald, parce qu'il était résistant. Et aujourd'hui, il est en colère, notamment après les actes antisémites commis ces derniers temps.

Vincent Garcia, ancien résistant et déporté à Buchenwald était présent à la cérémonie à Périgueux - Radio France
Vincent Garcia, ancien résistant et déporté à Buchenwald était présent à la cérémonie à Périgueux © Radio France - Antoine Balandra

"Ce n'est pas seulement la jeunesse qui oublie, les personnes d'un certain âge aussi, cela va tomber dans l'oubli, et c'est inadmissible" dit-il.

Et il va plus loin.

"Cela me révolte, parce qu'une grande partie de la population je crois qu'elle s'en fou complètement" dit Vincent Garcia.

Une inquiétude partagée par Alain Teschner, vice président de la communauté juive de Périgueux : "On est dans une situation en France où se reproduisent des choses que l'on aurait pas imaginé un jour revenir et qui malgré tout reviennent. Donc il faut être les plus nombreux possibles à ces manifestations-là" dit-il.