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Société

"Tout silence des imams serait interprété comme une complicité" dit l'imam de Bordeaux en visite en Dordogne

mercredi 25 avril 2018 à 21:26 Par Antoine Balandra, France Bleu Périgord

Plus de 250 catholiques et musulmans se sont rencontrés pour débattre à Périgueux ce mercredi soir. Et cela quelques jours après la publication d'une tribune signée par une trentaine d'imams qui dénoncent "le terrorisme et les crimes antisémites". Tareq Obrou imam de Bordeaux était présent.

Tareq Obrou imam de Bordeaux et Jean-Marc Aveline, évêque auxiliaire de Marseille étaient présents
Tareq Obrou imam de Bordeaux et Jean-Marc Aveline, évêque auxiliaire de Marseille étaient présents © Radio France - Antoine Balandra

Périgueux, France

C'est une grande première en Dordogne. Des représentants des musulmans et des catholiques de Périgueux ont débattu ensemble ce jeudi soir devant une salle du Lux pleine à craquer.

250 personnes au moins avaient fait le déplacement, catholiques, juifs, ou musulmans. Tareq Obrou imam, et recteur de la Grande Mosquée de Bordeaux, a échangé avec Monseigneur Jean Marc Aveline, évêque auxiliaire de Marseille, et surtout consulteur auprès du Saint Siège pour le dialogue inter-religieux. 

Une rencontre également en présence de plusieurs personnalités du département, la préfète de la Dordogne, Anne-Gaëlle Baudoin Clerc, mais aussi le député du Périgord blanc Philippe Chassaing.

La soirée était organisée par l'église catholique et l'association des musulmans de Périgueux. D'ailleurs, dans la salle, catholiques et musulmans étaient représentés à égalité. 

Plus de 250 personnes avaient fait le déplacement dans une salle du Lux archi comble - Radio France
Plus de 250 personnes avaient fait le déplacement dans une salle du Lux archi comble © Radio France - Antoine Balandra

Une soirée qui arrive 24 heures après la publication dans Le Monde d'une tribune signée par 30 imams de France.  Ils y dénoncent « le terrorisme et les crimes antisémites qui ont frappé aveuglément notre pays ». Et un islam qui "tombe parfois dans les mains d'une jeunesse ignorante, perturbée et désœuvrée". 

Une tribune salutaire estime Monseigneur Jean-Marc Alevine, qui estime que l'Eglise catholique doit s'investir pleinement dans le dialogue.

Pas de réécriture du Coran

"C'est une parole qui était attendue, délicate, et je crois que le ton de leur tribune est positif, et en tout cas, nous chrétiens, nous pouvons dire notre disponibilité pour travailler avec eux" dit Jean Marc Aveline

"Tout silence de la part des imams serait interprété comme une complicité, donc il faut se prononcer à l'égard de ces aberrations, en tant que citoyen et en tant que religieux. Il fallait sortir du silence et dire notre indignation" dit Tareq Obrou

Et l'imam de Bordeaux poursuit. "Les imams doivent assurer leurs responsabilités pour contrer ce fléau, l'école doit aussi prendre ses responsabilités, éduquer, les familles aussi. Et nous, imams, devons procéder à une théologie préventive et faire très attention à ce que nous disons parce que toute parole peut impacter des esprits déjà fragiles" explique-t-il.

Mais pas question de modifier le Coran comme le demandait une autre tribune publiée deux jours plus tôt et signée par près de 300 personnalités. Pour Tareq Obrou, recteur de la Grande Mosquée de Bordeaux, le problème est bien plus profond.

"Réduire le fait religieux qui s'explique par d'autres éléments autres que la religion et le réduire à une question coranique, c'est trop simplifier les choses. Dire que le Coran est la source de cette violence, c'est ne rien comprendre au texte lui même et à la réalité du terrorisme et de l'antisémitisme" conclue-t-il. "Nous devons éclairer cette jeunesse" dit Tareq Obrou.