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Société

Dordogne : la photo jugée sexiste d'une femme allongée au milieu des poubelles

mardi 22 janvier 2019 à 15:45 Par Antoine Balandra, France Bleu Périgord et France Bleu

La Une du magazine du SMD3, le syndicat mixte de gestion des déchets de la Dordogne fait polémique. Sur sa Une du mois de janvier, une femme est représentée allongée au milieu d'un énorme tas de poubelles. L'association féministe Femmes Solidaires parle de "violence sexiste".

La photo publiée sur le magazine du SMD3
La photo publiée sur le magazine du SMD3 - SMD3

Périgueux, France

C'est une photo qui fait déjà beaucoup parler, notamment sur les réseaux sociaux. Celle imprimée sur la Une du magazine mensuel du SMD3, le syndicat mixte de gestion des déchets de la Dordogne.

Sur le numéro du mois de janvier, distribué depuis le début du mois dans les 230.000 foyers du département, on voit une femme élégamment vêtue, jambes croisées, comme alanguie au milieu d'un énorme tas de poubelles. 

Le titre, dessous, indique : "déchets ménagers, à l'aube de la tarification incitative en Dordogne". Une photo qui a fait bondir immédiatement les féministes, et notamment Pascale Martin, présidente de l'association Femmes Solidaires, en Dordogne :

"Là, clairement, c'est une image sexiste, encore une fois, l'image de la femme est dégradée, une femme au milieu d'un tas d'ordure, c'est inadmissible, scandaleux, moi je reçois que les femmes ne valent rien, c'est poubelle, c'est une violence faite aux femmes ce type d'images" dit la présidente de l'association

"Une photo simplement insolite" dit le SMD3

La photo a été sélectionnée par un comité d'élus du SMD3 sur proposition d'une agence de communication explique le syndicat. Le but était justement "de ne pas passer inaperçu" se justifie François Roussel, le président du SMD3. Selon le syndicat, la photo "est seulement insolite, mais n'a rien de dégradant"

La photo jugée sexiste publiée par le SMD3 - Aucun(e)
La photo jugée sexiste publiée par le SMD3 - SMD3

"L'idée était de montrer" dit-on au SMD3 "que l'être humain sera bientôt submergé par les poubelles" conclue son président, qui dit simplement avoir voulu faire passer un message.

"Il faut vraiment avoir l'esprit mal tourné, ou manquer de sens de l'humour pour imaginer qu'il y une volonté de dégrader l'image de la femme. Si on y prête attention, on s'aperçoit qu'il y a beaucoup de sacs noirs sur la photo, cela illustre la réalité à laquelle nous aurons à faire face, à savoir la réduction drastique de nos sacs noirs" dit François Roussel

Pas l'objectif de choquer

De son côté, Bernard Bataillon, le co-gérant de la société SAS Bataillon Frères, basée à Sarlat, qui a proposé les photos au SMD3 lors de la conception du journal, se défend d'avoir voulu blesser quelqu'un. 

Il insiste sur le fait que le vrai thème de la photo était celui de l'accumulation toujours plus grande des déchets, un enjeu majeur explique-t-il.

"L'idée, c'est de bien parler de la problématique du retraitement des déchets. Nous avions pour mission de trouver une accroche, donc il y a une démarche assez pointue sur ce visuel, élaboré d'ailleurs avec deux femmes, avec les élus qui se sont prononcés aussi, si vous voulez il y a eu un vrai travail de fond, c'est dommage de s'arrêter juste à une femme" plaide le gérant

"Je regrette si cela a pu choquer les gens, ce n'était pas du tout le but, d'ailleurs c'est très dommage cet espèce de détournement, c'est presque à se demander si certaines associations ne se font pas de la publicité sur eux-mêmes, je me demande si ce n'est pas un argument pour que cela se retourner vers eux, c'est pathétique" dit-il.

Pas question en tout cas pour le SMD3 de retirer le magazine comme le demande aussi l'association Femmes Solidaires explique en tout cas François Roussel. Femmes solidaires qui annonce qu'elle va signaler ce qu'elle considère comme une violence sexiste sur le portail dédié du gouvernement. Elle n'exclue pas non plus de porter plainte.