Société

Dordogne : Philippe se souvient des débuts des Restos du Coeur à Paris avec Coluche

Par Xavier Ridon, France Bleu Périgord jeudi 24 septembre 2015 à 17:02

Dordogne : Philippe, 30 ans de restos du cœur.
Dordogne : Philippe, 30 ans de restos du cœur. © Radio France - Xavier Ridon

Il y a trente ans, Coluche lançait sur Europe 1 son message pour venir en aide aux plus démunis. Depuis, les Restos du Cœur sont devenus une institution. Le nombre des bénéficiaires ne cessent d'augmenter. Les bénévoles se souviennent des débuts.

Les Restos en Dordogne s'attendent à donner encore un peu plus de repas cet hiver. Plus de 49000 hommes, femmes et enfants ont bénéficié des Restos l'année dernière entre l'hiver 2014 et l'été 2015. Le chiffre stagne en hiver mais explose en été : + 60 % en quatre ans entre 2011 et 2014 ! L'année dernière, plus de 310 000 repas ont été distribués grâce aux 659 bénévoles.

"Le premier centre des Restos était à 50 m de mon travail"

Au départ, il y a trente ans, il n'était qu'une grosse poignée à répondre à l'appel de Coluche dont un Périgourdin, Philippe. Son souvenir est intact : "A l'époque, je travaillais à paris et Coluche faisait son émission tous les après-midi sur Europe 1 quand il a fait son appel. Le centre des Restos du Cœur numéro 1 était à 50 m de mon lieu de travail, donc en sortant du boulot j'y suis allé spontanément."

Cet imprimeur a alors 33 ans. Il passe son temps entre Paris et la Dordogne avant de s'établir définitivement dans le Périgord. En 1985, les restos c'est donc son premier engagement. Des heures "extraordinaires" selon lui.

Ça fait chaud au cœur de pouvoir donner à manger à des personnes qui ont faim et c'était bon enfant, il y a du dialogue. Avec Coluche, on s'est croisé plusieurs fois mais j'étais une fourmi dans la fourmilière et on ne s'est pas connu personnellement. On distribuait à qui se présentait.

Si l'esprit des Restos n'était pas de continuer dans la durée, Philippe lui tenait à poursuivre son engagement. D'année en année, "on a de moins en moins à distribuer et plus en plus de demandeurs, donc j'ai un petit peur pour l'avenir"

On se fatigue ça fait déjà trente ans, mais il est évident qu'il faut continuer. Une personne qui a faim, il ne faut pas la laisser tomber. Je ne me pose pas la question.

A 63 ans, son engagement n'est pas une fierté pour lui : "Ça me semble normal d'aider les autres" dit il simplement et avec modestie.

Il y a 30 ans, les Restos du Coeur naissaient. Philippe se souvient.

Chantal se souvient de la création des Restos, il y a trente ans. Elle ne pensait pas en avoir recours quelques années plus tard. Depuis deux ans, elle s'y rend à Périgueux.

Pour manger on compte dessus, on n'y va pas par plaisir. A 53 ans, c'est difficile de vivre une solution comme ça.

— Chantal, bénéficiaire des Restos

Lors de l'assemblée générale des Restos du Cœur de Dordogne qui se tenait ce jeudi, Georges Gautron a été élu représentant départemental de l'association. Pour lui, même si les prévisions sont difficiles à faire, il faut s'attendre à une augmentation du nombre de bénéficiaires.

Les Restos du Cœur de Dordogne veulent mettre en place des conseils juridiques et budgétaires ainsi que la mise en place de micro-crédit, et le développement d'un deuxième chantier d'insertion en maraîchage. Après Montpon-Ménéstérol, le chantier s'implanterait à Bergerac pour l'hiver 2016. Les légumes produits iraient à la distribution des Restos.

Georges Gautron représentant départemental des Restos du Cœur en Dordogne. - Radio France
Georges Gautron représentant départemental des Restos du Cœur en Dordogne. © Radio France - Xavier Ridon

Le site des Restos du Cœur de Dordogne