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Société

Dordogne : quatre familles de migrants à la rue faute de budget pour les héberger

lundi 23 juillet 2018 à 21:03 Par Armêl Balogog, France Bleu Périgord

14 migrants originaires de l'Est, des enfants, des femmes, des hommes, sont à la rue en Dordogne depuis le lundi 23 juillet. Ils étaient hébergés dans un hôtel à Boulazac, mais le 115 ne peut plus le payer.

Les deux membres de RESF 24 à gauche, à côté des familles de migrants hébergées au Formule 1 de Boulazac
Les deux membres de RESF 24 à gauche, à côté des familles de migrants hébergées au Formule 1 de Boulazac © Radio France - Armêl Balogog

Boulazac, France

"Je suis très stressé. Il n’y a aucune solution pour ma famille", confie un jeune Albanais de 23 ans, avant de passer une première nuit dehors, lundi 23 juillet.

Je ne sais pas ce qu’on va faire dehors. – un jeune Albanais

Son père, son frère et lui n'ont pas trouvé de solution d'hébergement, après la décision du 115 de ne plus leur payer de chambre à l'hôtel Formule 1 de Boulazac, en Dordogne, où ils vivaient depuis huit mois. En tout, quatre familles se retrouvent à la rue, soit 14 personnes.

14 personnes à la rue

Sa mère a tout de même réussi à avoir une chambre pour une nuit supplémentaire, car elle est atteinte d'une tumeur au cerveau. Mais elle n'a pas le droit de les héberger et elle n'a pas plus de solution pour la suite. "Ça me fait mal au cœur de perdre espoir comme ça", regrette le fils en rappelant qu'ils sont venus en France pour sa devise, "liberté, égalité, fraternité".

A côté, un trentenaire regarde ses enfants jouer. Il n'a pas encore réussi à leur dire qu'ils allaient vivre dehors. "Ils sont trop petits, commente-t-il, je suis très attristé, très en colère. C’est très difficile pour nous, parce que ce n’est pas possible pour moi de voir les enfants rester à la rue… comme les chiens !"

"Je ne comprends pas pourquoi la préfecture a fait tout ça", poursuit-il. "J'ai suivi les règles", assure-t-il en listant les demandes de titre de séjour possible, il veut travailler, mais sans papier, impossible, et sans travail ni salaire, impossible de se loger par soi-même. Alors il est plongé dans l'incompréhension.

Des solutions solidaires mais provisoires

Un donateur solidaire paie, à sa femme, ses deux enfants et lui, une nuit d'hôtel supplémentaire. Ensuite, ils seront hébergés quelques jours chez une enseignante.

"On essaie de trouver des solutions chez l’habitant, malheureusement ce sont des solutions qui ne sont pas pérennes, qui sont très difficiles", explique Hélène Elouard, du Réseau éducation sans-frontière de la Dordogne (RESF 24), tout en appelant quand même à toutes les bonnes volontés.

"C’est totalement bouleversant, surtout que ce sont des personnes fragilisées qui ont vécu l’horreur dans leur pays. Et retourner dans leur pays, c’est retourner dans des endroits où elles risquent de se faire torturer et tuer. Elles sont désespérées", dénonce la militante.

La semaine dernière, RESF a interpellé Emmanuel Macron lors de sa visite en Dordogne, espérant qu'un geste soit fait pour l'hébergement de ces 14 personnes, en vain. D'autres familles se retrouveront à la rue lundi 30 juillet.