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Société

Dordogne : trois minutes pour comprendre le conflit autour du contournement de Beynac

vendredi 1 décembre 2017 à 19:57 Par France Bleu Périgord, France Bleu Périgord

Ce samedi 2 décembre, les opposants au contournement de Beynac vont manifester devant la préfecture de Dordogne à Périgueux. Une nouvelle mobilisation contre ce projet initié il y a plusieurs années et résumé en six questions.

Le projet de contournement de Beynac
Le projet de contournement de Beynac © Radio France - Radio France

1. A quand remonte le projet ?

Le projet de "La voie de la vallée" n'est pas né avec l'arrivée de Germinal Peiro à la tête du conseil départemental de Dordogne. Il date d'une trentaine d'années. Il s'agissait d'aménager un itinéraire le long de la Dordogne entre Libourne en Gironde et Souillac dans le Lot. Plusieurs portions de route ont été construites au fil des années. Il ne reste aujourd'hui que deux chaînons manquants. Le premier entre Bergerac et Couze (l'enquête publique a été annulée en février 2016 par le Conseil d'Etat) et le second entre Saint-Vincent-de-Cosse et Vézac pour éviter la traversée de Beynac.

2. En quoi consiste cette déviation ?

Il s'agit de construire une nouvelle route de 3,4 km reliant la départementale 703 à la départementale 49. Deux ponts, au Peuch et Fayrac. Ils doivent enjamber la Dordogne. Un pont-rail doit aussi voir le jour pour permettre le passage sous la voie ferrée entre Sarlat et Bergerac. Des passerelles pour les piétons sont prévues. Un rond-point doit également sortir de terre à Monrecour sur la commune de Saint-Vincent-de-Connezac. Le projet a été estimé par le Département à plus de 32 millions d'euros pour une mise en service dans le courant de l'année 2020.

3. Pourquoi cette route est-elle revenue sur le devant de l'actualité ?

En 2011, le Conseil d'Etat a validé la déclaration d'utilité publique émise en 2001. Il a par la même occasion débouté les opposants au contournement de Beynac qui depuis une dizaine d'années enchaînaient les recours devant les tribunaux. Le conseil départemental s'est ensuite mis en quête de financements. Germinal Peiro a officiellement présenté le projet en avril 2016, un an après son élection à la tête du conseil départemental.

Les opposants n'ont jamais vraiment jeté l’éponge. Ils ont multipliés les actions (pétition, occupation de terrain, manifestation) pour faire connaître leur colère. Kléber Rossillon, ancien gérant des jardins de Marqueyssac fait partie des plus fervents opposants au projet, soutenu par l'association de défense de l'environnement, la Sepanso et son président Michel André. Ils ont désormais derrière eux les élus écologistes de la Région, le mouvement de la France Insoumise ou encore Anticor. Il y a quelques semaines, Bernard Cazeau, l'ancien président du conseil départemental s'est lui aussi dit opposé au contournement.

4. Pourquoi les opposants ne veulent pas de cette route ?

Les opposants au contournement de Beynac estiment d'abord que la construction de cet itinéraire va dévisager la vallée de la Dordogne et détruire la biosphère. Ils dénoncent aussi les nuisances sonores qui vont être apportées par le passage des véhicules. Les opposants estiment que les récents aménagements routiers qui ont eu lieu à Sarlat ou plus récemment à Beynac avec l'élargissement de la chaussée rendent obsolète la création de cette route. Ils dénoncent enfin le coût exorbitant, selon eux, de ce projet qui n'aura, toujours selon eux, qu'un impact limité sur l'engorgement du village de Beynac. Au fil des mois, la colère des opposants s'est aussi cristallisé sur la personnalité de Germinal Peiro qu'ils accusent de passer en force.

5. Quels sont les arguments du conseil départemental ?

Le président du Département a toujours mis en avant le flux important de véhicules qui passe chaque jour dans le bourg de Beynac (6.000 véhicules par jour dont 300 camions et des pics à 10.000 véhicules en été). Selon lui, les travaux d'aménagement de Beynac n'ont pas permis d'agrandir suffisamment la chaussée pour permettre, par exemple, à deux camions de se croiser. Le Département souligne aussi les risques qui existent pour la falaise. Le village de Beynac serait sous la menace permanente de chute de blocs de pierre. Le conseil départemental assure par ailleurs que la route sera peu visible voire invisible depuis les différents points de vue de la vallée et qu'elle respecte les normes environnementales et écologiques en vigueur.

6. Et maintenant ?

Fin novembre, la commission d'enquête publique a rendu un avis favorable sur le contournement de Beynac et son impact sur le paysage et l'environnement. Plus de 2.500 Périgourdins ont pu s'exprimer. Ce feu vert était attendu par le conseil départemental. Il espère maintenant que la préfète de Dordogne prendra un arrêté favorable au démarrage des travaux dans les prochaines semaines. Si c'est le cas, le chantier pourrait démarrer début janvier, sauf si les opposants en décident autrement.